Frise chronologique
vers 1440
Construction initiale
Construction initiale
vers 1440 (≈ 1440)
Louis II de Scorailles édifie le château.
1470-1485
Achèvement du château
Achèvement du château
1470-1485 (≈ 1478)
Marquès de Scorailles finalise l’édifice.
1525
Décoration du studiolo
Décoration du studiolo
1525 (≈ 1525)
François de Scorailles ajoute des motifs Renaissance.
1650
Accueil de la princesse de Condé
Accueil de la princesse de Condé
1650 (≈ 1650)
Claire-Clémence de Maillé fuit Mazarin.
1743
Mariage et modernisation
Mariage et modernisation
1743 (≈ 1743)
Anne-Charlotte de Scorailles épouse Bertrand d’Humières.
1942-1945
Lieu de Résistance
Lieu de Résistance
1942-1945 (≈ 1944)
Refuge pour enfants juifs (réseau Garel).
30 septembre 1991
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
30 septembre 1991 (≈ 1991)
Protection des décors intérieurs.
2014-2015
Découverte du studiolo
Découverte du studiolo
2014-2015 (≈ 2015)
Identification de la salle de justice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château, y compris les pièces suivantes avec leur décor : chapelle, grand salon, salle à manger, salle de justice, chambre dite de Jean-Jacques Rousseau, chambre Troubadour (cad. A 573) : inscription par arrêté du 30 septembre 1991
Personnages clés
| Louis II de Scorailles - Bâtisseur du château (XVe siècle) |
Sénéchal du Berry, chambellan de Charles VII. |
| Marquès de Scorailles - Achève la construction (1470-1485) |
Petit-fils de Louis II, seigneur de Roussilhe. |
| François de Scorailles - Décorateur Renaissance (XVIe siècle) |
Chevalier des ordres du roi, guerre d’Italie. |
| Claire-Clémence de Maillé - Princesse de Condé (1650) |
Fuit Mazarin, organisée résistance. |
| Jean-Jacques Rousseau - Philosophe (séjour en 1769) |
Tradition locale, chambre dédiée. |
| Robert Jégou - Propriétaire résistant (1942-1945) |
Sauve enfants juifs via réseau Garel. |
Origine et histoire
Le château de La Vigne, situé à Ally dans le Cantal, trouve ses origines au XVe siècle quand Louis II de Scorailles, sénéchal du Berry et chambellan de Charles VII, le fait construire vers 1440 sur l’emplacement d’une ferme ou d’un pavillon de chasse. Ce château remplace l’ancienne forteresse d’Escorailles, abandonnée après la guerre de Cent Ans (1337-1437) en raison de sa détérioration. Marquès de Scorailles, petit-fils de Louis II, achève sa construction entre 1470 et 1485, marquant le transfert définitif de la résidence familiale depuis Escorailles.
Au XVIe siècle, le château s’enrichit sous François de Scorailles, chevalier des ordres du roi et vétéran des guerres d’Italie. Il y ajoute un corps de logis ouest, un fossé, et décore le studiolo (1525) de motifs Renaissance, tandis qu’une messe quotidienne est fondée dans la chapelle en 1551. Le château devient un lieu de passage pour l’aristocratie : en 1650, Jean de Scorailles y accueille Claire-Clémence de Maillé, princesse de Condé, fuyant Mazarin pour organiser la résistance.
Les XVIIIe et XIXe siècles voient des transformations majeures : la tour sud-est est détruite et remplacée plus tard par une échauguette, tandis que Bertrand d’Humières, par son mariage avec Anne-Charlotte de Scorailles en 1743, modernise le château. La tradition locale évoque aussi un séjour de Jean-Jacques Rousseau en 1769. Au XXe siècle, le château joue un rôle dans la Résistance (1942-1945) en abritant des enfants juifs sauvés par le réseau Garel. Depuis 1991, ses décors intérieurs (chapelle, salon, chambre Troubadour) sont classés Monuments Historiques.
Le château se distingue par son studiolo, rare en France, orné de peintures murales du XVIe siècle inspirées d’Ovide et de scènes cynégétiques. La chapelle conserve des fresques Renaissance, tandis que le parc offre une table d’orientation (2021) révélant les monts du Cantal. Ouvert au public depuis les années 1970, il abrite aussi des collections privées de voitures miniatures et de poupées.
Son histoire récente est marquée par des restaurations : en 2014, un programme financé par la Fondation François-Sommer et le Crédit Agricole révèle des peintures de 1530, dont des tondi illustrant Pyrame et Thysbé. L’association des Amis du château de La Vigne (créée en 2013) œuvre pour sa préservation, tandis que des fouilles en 2014-2015 identifient le studiolo, autrefois appelé salle de justice.