Frise chronologique
1664
Changement de propriétaire
Changement de propriétaire
1664 (≈ 1664)
Acquis par Gabriel Constantin.
milieu du XVIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
milieu du XVIIe siècle (≈ 1750)
Corps de logis central par René Le Peletier.
1779
Création du salon des Marbres
Création du salon des Marbres
1779 (≈ 1779)
Œuvre d’artistes italiens pour Charles Constantin.
21 juillet 1795
Bataille de Segré
Bataille de Segré
21 juillet 1795 (≈ 1795)
Embuscade chouanne près du château.
XVIIIe siècle
Transformations majeures
Transformations majeures
XVIIIe siècle (≈ 1850)
Ailes, chapelle, salon des Marbres par Charles Constantin.
1900 environ
Ajout de la rotonde
Ajout de la rotonde
1900 environ (≈ 1900)
Salle à manger par l’architecte Camut.
1975
Inscription Monument Historique
Inscription Monument Historique
1975 (≈ 1975)
Façades, toitures, chapelle et jardins.
1979
Classement du salon de marbre
Classement du salon de marbre
1979 (≈ 1979)
Protection du pavillon et de son décor.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et toitures du château et de ses dépendances, la chapelle et la salle à manger avec leur décor, les jardins à la française, les terrasses avec leur balustrades (cad. A 156, 178, 189) : inscription par arrêté du 18 juin 1975 - Le salon de marbre, avec son décor, ainsi que le pavillon qui le renferme (cad. A 178) : classement par arrêté du 18 juin 1979
Personnages clés
| René Le Peletier - Grand prévôt d’Anjou |
Premier propriétaire connu, XVIIe siècle. |
| Gabriel Constantin - Propriétaire en 1664 |
Acquiert le château des Le Peletier. |
| Charles Constantin - Petit-fils de Gabriel, anglophile |
Transforme le château au XVIIIe siècle. |
| Sébastien Leysner - Architecte angevin |
Amenage le salon des Marbres vers 1780. |
| Édouard André - Paysagiste |
Restaure les jardins au XIXe siècle. |
| Camut - Architecte (vers 1900) |
Conçoit la salle à manger en rotonde. |
Origine et histoire
Le château de la Lorie, situé à La Chapelle-sur-Oudon en Maine-et-Loire, est une construction emblématique des XVIIe et XVIIIe siècles. Son corps de logis central, flanqué de pavillons aux tourelles néo-médiévales, illustre l’émergence précoce du goût néo-gothique en Anjou. À l’origine propriété de René Le Peletier, grand prévôt d’Anjou, il passe en 1664 à Gabriel Constantin, dont le petit-fils, Charles Constantin, entreprend au XVIIIe siècle d’importantes transformations : remaniement des façades, ajout d’ailes en retour d’équerre, et création d’une cour d’honneur à l’ouest. Les communs, organisés autour de cours carrées, complètent cet ensemble architectural majestueux.
L’intérieur du château révèle des aménagements somptueux du XVIIIe siècle, dont un vestibule voûté, un salon rocaille, et surtout le salon des Marbres (1779), orné de placages de marbres gris, noir et rouge par des artistes italiens. La chapelle et les écuries, reconstruites au nord, ainsi que la salle à manger en rotonde (vers 1900), décorée de lambris du château de Vitry-sur-Seine, témoignent des évolutions stylistiques du monument. Les jardins, restaurés par le paysagiste Édouard André au XIXe siècle, s’appuient sur un système d’irrigation innovant utilisant les eaux de l’Oudon, avec une machine hydraulique et une maison du garde-pompe dédiée.
Le château est marqué par des événements historiques majeurs : en 1795, il est le théâtre d’une embuscade des chouans contre une colonne républicaine lors de la bataille de Segré, causant la mort de plus d’une centaine de soldats. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il sert de cachette pour les œuvres du musée des beaux-arts de Rennes. Classé Monument Historique en 1975 (façades, toitures, chapelle, jardins) et en 1979 (salon de marbre), il ouvre aujourd’hui ses portes au public pour des visites guidées estivales et des locations d’espaces pour événements.
L’architecture du château reflète les influences successives de ses propriétaires : René Le Peletier, figure judiciaire angevine, puis les Constantin, famille d’anglophiles passionnés de chevaux, qui y installent un haras modèle. Les transformations du XVIIIe siècle, menées par l’architecte Sébastien Leysner, intègrent des éléments classiques (distribution des pièces, escalier tournant) et des innovations comme les tourelles néo-médiévales. Au XXe siècle, l’architecte Camut ajoute la rotonde néoclassique, tandis qu’Édouard André redessine les jardins dans un style à la française, perpétuant la vocation esthétique et fonctionnelle du domaine.
Les éléments protégés incluent les façades, les toitures, la chapelle, la salle à manger et ses décors, ainsi que les jardins et terrasses. Le château illustre ainsi l’évolution des goûts architecturaux, des techniques hydrauliques, et des usages sociaux (réceptions, cachette militaire, lieu culturel) sur près de quatre siècles. Son histoire croisée avec celle de l’Anjou en fait un témoin privilégié des bouleversements politiques, artistiques et techniques de la France moderne et contemporaine.