Classement du salon de marbre 1979 (≈ 1979)
Protection du pavillon et de son décor.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et toitures du château et de ses dépendances, la chapelle et la salle à manger avec leur décor, les jardins à la française, les terrasses avec leur balustrades (cad. A 156, 178, 189) : inscription par arrêté du 18 juin 1975 - Le salon de marbre, avec son décor, ainsi que le pavillon qui le renferme (cad. A 178) : classement par arrêté du 18 juin 1979
Personnages clés
René Le Peletier - Grand prévôt d’Anjou
Premier propriétaire connu, XVIIe siècle.
Gabriel Constantin - Propriétaire en 1664
Acquiert le château des Le Peletier.
Charles Constantin - Petit-fils de Gabriel, anglophile
Transforme le château au XVIIIe siècle.
Sébastien Leysner - Architecte angevin
Amenage le salon des Marbres vers 1780.
Édouard André - Paysagiste
Restaure les jardins au XIXe siècle.
Camut - Architecte (vers 1900)
Conçoit la salle à manger en rotonde.
Origine et histoire
Le château de la Lorie, situé à La Chapelle-sur-Oudon en Maine-et-Loire, est une construction emblématique des XVIIe et XVIIIe siècles. Son corps de logis central, flanqué de pavillons aux tourelles néo-médiévales, illustre l’émergence précoce du goût néo-gothique en Anjou. À l’origine propriété de René Le Peletier, grand prévôt d’Anjou, il passe en 1664 à Gabriel Constantin, dont le petit-fils, Charles Constantin, entreprend au XVIIIe siècle d’importantes transformations : remaniement des façades, ajout d’ailes en retour d’équerre, et création d’une cour d’honneur à l’ouest. Les communs, organisés autour de cours carrées, complètent cet ensemble architectural majestueux.
L’intérieur du château révèle des aménagements somptueux du XVIIIe siècle, dont un vestibule voûté, un salon rocaille, et surtout le salon des Marbres (1779), orné de placages de marbres gris, noir et rouge par des artistes italiens. La chapelle et les écuries, reconstruites au nord, ainsi que la salle à manger en rotonde (vers 1900), décorée de lambris du château de Vitry-sur-Seine, témoignent des évolutions stylistiques du monument. Les jardins, restaurés par le paysagiste Édouard André au XIXe siècle, s’appuient sur un système d’irrigation innovant utilisant les eaux de l’Oudon, avec une machine hydraulique et une maison du garde-pompe dédiée.
Le château est marqué par des événements historiques majeurs : en 1795, il est le théâtre d’une embuscade des chouans contre une colonne républicaine lors de la bataille de Segré, causant la mort de plus d’une centaine de soldats. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il sert de cachette pour les œuvres du musée des beaux-arts de Rennes. Classé Monument Historique en 1975 (façades, toitures, chapelle, jardins) et en 1979 (salon de marbre), il ouvre aujourd’hui ses portes au public pour des visites guidées estivales et des locations d’espaces pour événements.
L’architecture du château reflète les influences successives de ses propriétaires : René Le Peletier, figure judiciaire angevine, puis les Constantin, famille d’anglophiles passionnés de chevaux, qui y installent un haras modèle. Les transformations du XVIIIe siècle, menées par l’architecte Sébastien Leysner, intègrent des éléments classiques (distribution des pièces, escalier tournant) et des innovations comme les tourelles néo-médiévales. Au XXe siècle, l’architecte Camut ajoute la rotonde néoclassique, tandis qu’Édouard André redessine les jardins dans un style à la française, perpétuant la vocation esthétique et fonctionnelle du domaine.
Les éléments protégés incluent les façades, les toitures, la chapelle, la salle à manger et ses décors, ainsi que les jardins et terrasses. Le château illustre ainsi l’évolution des goûts architecturaux, des techniques hydrauliques, et des usages sociaux (réceptions, cachette militaire, lieu culturel) sur près de quatre siècles. Son histoire croisée avec celle de l’Anjou en fait un témoin privilégié des bouleversements politiques, artistiques et techniques de la France moderne et contemporaine.
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