Origine et histoire du Château de la Magnanne
Le château de la Magnanne, situé dans le hameau éponyme à l’est d’Andouillé-Neuville (Ille-et-Vilaine), fut construit à la fin du XVIe siècle sur l’emplacement d’une ancienne demeure seigneuriale. Bordé par la rivière d’Andouillé, il présente un plan en H avec deux pavillons latéraux, des tourelles circulaires et un escalier central à double volée. Ses façades en moellon de grès et pierre de taille de granite reflètent une architecture ordonnancée, tandis que ses toitures, initialement à la Mansart, furent simplifiées après l’incendie de 1893.
Au XVIIIe siècle, le château subit des modifications majeures sous la direction de l’architecte Huguet, incluant l’ajout d’un étage, une terrasse bastionnée, et un portail d’entrée monumental. Le domaine fut alors réaménagé avec des avenues rayonnantes, un grand parterre nord, un jeu de paume, et un parc agricole délimité par une allée courbe. Ces transformations marquèrent son passage d’une fonction défensive à un ensemble paysager aristocratique, symbolisant le prestige de ses propriétaires.
Classé Monument Historique depuis 1980, le château voit son inscription étendue en 2011 pour inclure ses jardins, avenues, et éléments paysagers. Les protections couvrent les façades, toitures, cours, bassins, potager, pont sur la rivière d’Andouillé, et cinq allées du XVIIIe siècle. Le site illustre l’évolution des modèles architecturaux de la Renaissance tardive, adaptés à un contexte local tout en affirmant une identité noble par son aménagement territorial.
L’incendie de 1893, suivi de restaurations par Henri Mellet, modifia durablement son apparence, notamment par le remplacement de la toiture à la Mansart par une charpente plus simple. Aujourd’hui, le château de la Magnanne reste un témoignage remarquable des mutations d’un domaine seigneurial en un lieu de vie paysager, où se mêlent héritage défensif, innovations architecturales et aménagement environnemental.