Frise chronologique
XIIIe ou XIVe siècle
Construction du premier manoir
Construction du premier manoir
XIIIe ou XIVe siècle (≈ 1450)
Par un chevalier croisé, redevance féodale originale.
1554-1620
Période famille de Rougé
Période famille de Rougé
1554-1620 (≈ 1587)
Premiers seigneurs attestés du domaine.
1620
Passage aux Savonnières
Passage aux Savonnières
1620 (≈ 1620)
Mariage de Françoise de Rougé et Charles.
1862
Destruction de l’ancien château
Destruction de l’ancien château
1862 (≈ 1862)
Ordonnée par Augustin de Jourdan.
1880
Reconstruction du château actuel
Reconstruction du château actuel
1880 (≈ 1880)
Style tuffeau et briques, chapelle préservée.
1955
Légs aux Apprentis d’Auteuil
Légs aux Apprentis d’Auteuil
1955 (≈ 1955)
Devenu établissement scolaire jusqu’en 2014.
2024
Rachat par Giles Corbin
Rachat par Giles Corbin
2024 (≈ 2024)
Projet d’hôtel pour 2025.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Inscrit MH
Personnages clés
| Charles de Savonnières (1594-1688) - Capitaine des Vaisseaux du Roi |
Premier Savonnières propriétaire du domaine. |
| Augustin de Jourdan de Savonnières - Comte et maire (1864-1884) |
Ordonna destruction et reconstruction du château. |
| Jacques de Jourdan de Savonnières (1883-1955) - Dernier héritier et maire |
Légua le château aux Apprentis d’Auteuil. |
| Giles Corbin - Propriétaire depuis 2024 |
Porteur du projet hôtelier 2025. |
| Antoine de Rougé - Seigneur en 1554 |
Premier membre attesté de la famille. |
| Joseph-René de Jourdan (1856-?) - Vicomte et propriétaire en 1884 |
Reçut le domaine par donation parentale. |
Origine et histoire
Le château de la Maison Rouge, situé à La Bruère-sur-Loir dans la Sarthe, trouve ses origines au XIIIe ou XIVe siècle, lorsqu’un chevalier croisé y édifia un manoir sur un terrain nommé sablonarii. Ce dernier s’engagea à une redevance symbolique envers le seigneur du Grand Perray : chaque année à la Saint-Martin d’hiver, il devait offrir un roitelet en cage, un bouquet de violettes et un « baiser à la rose » (gâteau parfumé), en menant une charrette attelée de bœufs et d’une haquenée blanche. Ce rituel, bien que pittoresque, marque les débuts documentés du domaine, passé dès le XVIe siècle entre les mains de la famille de Rougé, puis des Savonnières par alliance.
L’ancien château, jugé trop modeste et vétuste, fut détruit en 1862 par Augustin de Jourdan de Savonnières, héritier de la lignée. Le château actuel, construit vers 1880 en tuffeau et briques, remplace l’édifice rasé, à l’exception de la chapelle attenante, épargnée. Ce projet s’inscrit dans une volonté de modernisation et de prestige familial : la famille de Jourdan de Savonnières, issue d’alliances successives avec les Rougé et les Savonnières, domine alors le domaine depuis le XVIIe siècle. Le comte Augustin, maire de la commune, supervise les travaux depuis sa résidence temporaire à la Gagnerie.
Au XXe siècle, le château change radicalement de vocation. En 1955, Jacques de Jourdan de Savonnières, dernier héritier sans descendance, lègue le domaine à l’Œuvre des Orphelins Apprentis d’Auteuil. Le lieu devient alors un établissement scolaire, la Maison Saint-Martin, jusqu’en 2014. Après une tentative avortée de transformation en internat par le groupe Diderot Éducation (2018-2022), marqué par des controverses sur la qualité des travaux, le château est racheté en 2024 par Giles Corbin. Ce dernier prévoit son ouverture en hôtel pour 2025, après rénovation.
Les archives révèlent une succession de propriétaires influents, des croisés médiévaux aux capitaines de vaisseaux royaux (comme Charles de Savonnières, capitaine des Vaisseaux du Roi au XVIIe siècle), en passant par des maires locaux (Jacques de Jourdan, maire de 1954 à 1955). La chapelle, seul vestige de l’ancien château, et les documents familiaux témoignent de cette histoire mouvementée, mêlant devoirs féodaux, alliances nobles et reconversions modernes.
Le domaine illustre aussi les mutations économiques et sociales de la région : d’un fief seigneurial aux mains des Rougé (XVIe siècle), puis des Savonnières (1620-1832), il passe aux Jourdan-Savonnières jusqu’en 1955, avant de servir une cause éducative. Les archives mentionnent même, en 1906, une préceptrice et six domestiques au service de la famille, reflétant le train de vie aristocratique de l’époque. Aujourd’hui, sa transformation en hôtel s’inscrit dans une dynamique de valorisation patrimoniale et touristique.