Frise chronologique
1924
Achat par les frères Réthoré
Achat par les frères Réthoré
1924 (≈ 1924)
Début du projet Versailles charentais.
1939-1970
Agrandissement Renaissance italienne
Agrandissement Renaissance italienne
1939-1970 (≈ 1955)
Façade de 220 mètres, inachevée.
1987
Vente aux enchères des collections
Vente aux enchères des collections
1987 (≈ 1987)
Dispersion du mobilier et œuvres d'art.
fin XIXe siècle
Construction du logis néogothique
Construction du logis néogothique
fin XIXe siècle (≈ 1995)
Remplace l'ancien manoir des Rousseau.
19 octobre 2012
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
19 octobre 2012 (≈ 2012)
Protection totale du domaine.
2013
Ouverture au public
Ouverture au public
2013 (≈ 2013)
Visites estivales et restauration en cours.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les parties bâties et non bâties, en totalité, constituant le château et ses dépendances (cad. AI 74, 75, 81 à 91, 107, 109) : inscription par arrêté du 19 octobre 2012
Personnages clés
| Raymond Réthoré - Industriel et député gaulliste |
Maître d'ouvrage, collectionneur et visionnaire. |
| Alphonse Réthoré - Architecte autodidacte |
Concepteur de la façade Renaissance. |
| Gilles Rousseau - Ancêtre noble (anobli en 1595) |
Seigneur de la Mercerie. |
| Bernard Baruch Steinitz - Antiquaire parisien |
Propriétaire de 1988 à 2012. |
| Isabel Guérin - Restauratrice et gestionnaire |
Projet de renaissance du château en 2002. |
Origine et histoire
Le château de la Mercerie, situé dans la commune de Magnac-lès-Gardes (Charente), est un monument emblématique du 4e quart du XIXe siècle et du XXe siècle. À l'origine, il appartenait à la famille Rousseau, anoblie en 1595, avant d'être acquis en 1924 par les frères Réthoré, Raymond et Alphonse. Ces derniers, inspirés par l'architecture Renaissance italienne, entreprirent d'agrandir le château pour en faire un 'Versailles charentais', un projet ambitieux mais inachevé, arrêté en 1970 par manque de fonds.
La construction de la façade Renaissance italienne, longue de 220 mètres, débuta en 1947 avec une vingtaine d'ouvriers. Les frères Réthoré, passionnés d'art, enrichirent le château de collections exceptionnelles : meubles, peintures, sculptures, et même des pièces provenant du comte Orlov. Raymond Réthoré, industriel et député gaulliste, invita des personnalités politiques et étrangères à visiter ce chantier monumental.
Après la mort des frères Réthoré en 1983 et 1986, le château fut vendu en 1988 à l'antiquaire Bernard Baruch Steinitz, qui l'entretint peu. En 2002, un projet de restauration fut lancé par Isabel Guérin pour y accueillir des collections d'art contemporain. Depuis 2013, le château est partiellement ouvert au public, géré par la commune de Magnac-Lavalette-Villars et une association de bénévoles.
Le domaine s'étend sur 600 hectares, incluant un arboretum de 50 hectares avec des essences rares et une roseraie. Les jardins, aménagés avec 30 000 m3 de terre déplacée, complètent ce site classé Monument Historique en 2012. Le château, bien que privé, se visite en été, et les recettes contribuent à sa préservation.
L'architecture du château mêle deux styles : une partie néogothique datant de la fin du XIXe siècle, et une façade Renaissance italienne ajoutée au XXe siècle. La façade, inspirée du château de Bizy à Vernon, devait initialement remplacer entièrement l'ancien logis, mais ce projet ne fut jamais mené à terme.
Les collections des frères Réthoré, vendues aux enchères en 1987, comprenaient des œuvres d'art, des marbres, des boiseries et des lustres rapportés de leurs voyages. Leur bibliothèque, donnée à la ville d'Angoulême, contenait 2 068 volumes, dont des ouvrages rares sur l'architecture. Aujourd'hui, le château reste un témoignage de leur ambition démesurée et de leur passion pour l'art.