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Château de la Montagne à Saint-Honoré-les-Bains dans la Nièvre

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château

Château de la Montagne

  • 195 Château de la Montagne
  • 58360 Saint-Honoré-les-Bains
Propriété privée ; propriété de la commune ; propriété du département
58360 Saint-Honoré-les-Bains, 195 Château de la Montagne

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1700
1800
1900
2000
1171
Union des seigneuries
1773
Reconstruction après l’orage
1773-1776
Construction par Caristi
1839-1840
Rénovations par Duban
1847
Fondation de la poterie
2025
Classement complet du château
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le château, les communs, les bâtiments de la régie, le chenil, le pigeonnier, les écuries, la ferme, la maison du cocher, les mousseaux, la maison du jardin, le fruitier, l'orangerie (cad. D 101, 102, 110 à 112, 116, 121, 122) : inscription par arrêté du 20 mars 1995 - L'ancienne poterie (cad. D 116) : classement par arrêté du 17 juillet 1997 - Le parc et tous les éléments qu'il contient : les terrasses, les murs, les bassins, la maison de poupée, les parterres et allées d'arbres, les façades et toitures de l'ancien bâtiment de la tuilerie (cad. D 1 à 3, 5 à 10, 101 à 106, 108 à 110, 112, 114 à 120, 123 à 125, 262, 345 à 361) : inscription par arrêté du 14 octobre 2002 ; Les parties suivantes du château de la Montagne, telles que délimitées sur les deux plans annexés à l'arrêté : la glacière située sur la parcelle 202 de la section D du cadastre, le captage et le réseau hydraulique de la source du Deffend situés sur la parcelle 127 de la section D du cadastre, les captages, collecteurs et le réseau hydraulique de la Vieille Montagne situés sur les parcelles 2, 3, 17, 18, 23, 527, 534 et 544 de la section C du cadastre et sur les parcelles 11, 12 et 14 de la section D du cadastre, et sous les parties non cadastrées du chemin rural de la Rouillière (contiguës aux parcelles C 3 et C 17), la route communale n° 3 (contiguës aux parcelles C 2 et D 14) et la route départementale n° 985 (contiguë à la parcelle C 14 et à la route communale n° 3) : inscription par arrêté du 26 août 2022 ; Les parties suivantes du château de la Montagne : le château, en totalité ; les dépendances du château, en totalité ; les bâtiments et vestiges du dispositif industriel de la poterie, en totalité ; le sol de la parcelle cadastrale 117 de la section D du cadastre de la commune, le tout situé Château de la Montagne, sur les parcelles n° 8, n° 114, n° 117, n° 354, n° 355, n° 360, n° 361, n° 378, n° 379, n° 380, n° 381 et n° 391 de la section D du cadastre de la commune, tel que colorié en rouge (les bâtiments) et en rose (la parcelle) sur le plan annexé à l'arrêté : classement par arrêté du 14 juillet 2025

Personnages clés

Jean-Baptiste Caristi - Architecte Conçoit le château en 1773-1776.
Félix Duban - Architecte-restaurateur Modernise l’intérieur vers 1840.
Antoine Théodore de Viel de Lunas d’Espeuilles - Marquis et sénateur Crée la poterie et restaure les thermes.
Pierre Louis Rouillard - Sculpteur Auteur de la statue de l’escalier.
Guillaume de Grandrye - Ambassadeur et protestant Propriétaire au XVIe siècle.
Jean-Marie Sallonyer de Montbaron - Seigneur reconstructeur Commande le château actuel en 1773.

Origine et histoire du Château de la Montagne

Le château de la Montagne, situé à Saint-Honoré-les-Bains dans le parc naturel du Morvan (Nièvre, Bourgogne-Franche-Comté), trouve ses origines au sommet de la Vieille Montagne, où un premier château fort fut bâti au Moyen Âge, probablement sur les vestiges d’un oppidum gallo-romain reliant Bibracte à la Loire. Ce site stratégique, doté d’un donjon et de remparts, fut mentionné dans un terrier de 1537 avant d’être détruit entre 1512 et 1533 par des troupes étrangères. La seigneurie, disputée entre les sires de Châtillon-en-Bazois et les ducs de Nevers, passa entre les mains de familles nobles comme les Damas, les Grandrye (ambassadeurs et militaires), et les Chandon, avant d’être reconstruit au XVIIIe siècle.

En 1773, un orage dévaste le château existant, poussant Jean-Marie Sallonyer de Montbaron à en commander une reconstruction à l’architecte italien Jean-Baptiste Caristi entre 1773 et 1776. Le nouveau bâtiment, de style néoclassique, conserve ses fossés et intègre une chapelle carrée. Au XIXe siècle, le marquis Théodore d’Espeuilles, propriétaire des lieux, fait appel à Félix Duban (restaurateur de la Sainte-Chapelle) pour moderniser l’intérieur : escalier d’honneur, salons Napoléon III, et bibliothèque. Il développe aussi une poterie industrielle (1847-1920), inspirée de Bernard Palissy, et relance la station thermale locale. Le château, toujours propriété de la famille d’Espeuilles, est partiellement ouvert lors des Journées du Patrimoine.

L’architecture actuelle mêle des éléments des XVIIIe et XIXe siècles : un corps de logis flanqué d’ailes, une chapelle restaurée par Duban, et des décors intérieurs signés Rouillard (sculpteur) et Diderot Anglade (maître verrier). Le parc, classé, inclut des terrasses, bassins, et une ancienne tuilerie. Parmi les pièces remarquables figurent la salle à manger aux boiseries de chêne, le salon aux vitraux et marbre italien, et l’escalier d’honneur orné d’une statue équestre du marquis tuant un sanglier (classée MH en 2003). Les dépendances (colombier, écuries, orangerie) et le réseau hydraulique historique (glacière, source du Deffend) témoignent de son passé seigneurial et industriel.

Le site est protégé à plusieurs titres : inscription des bâtiments et du parc en 1995 et 2002, classement de la poterie en 1997, et extension des protections en 2022 (réseau hydraulique) et 2025 (château en totalité). Les armoiries de la famille d’Espeuilles (« De gueules à une ville d’argent ») rappellent leur rôle dans l’histoire locale, notamment comme sénateurs et maires de Saint-Honoré-les-Bains. Le château illustre ainsi l’évolution d’une seigneurie médiévale en résidence aristocratique, puis en domaine industriel et thermal.

Les terriers médiévaux révèlent une seigneurie étendue sur 715 hectares, avec droits de justice, chasse et pêche sur plusieurs paroisses (Saint-Honoré, Sémelay). Les conflits entre ducs de Bourgogne et évêques d’Autun, puis les guerres de Religion, marquèrent son déclin avant sa renaissance aux XVIIIe et XIXe siècles. Aujourd’hui, le château incarne à la fois un patrimoine architectural, un témoignage de l’industrie céramique morvandelle, et un lieu lié à l’histoire thermale de la région.

Liens externes

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