Origine et histoire du Château de la Mothe-Gajac
Le château de la Mothe-Gajac, situé à Saint-Médard-en-Jalles en Gironde, est un château fort construit à la fin du XVe siècle et modifié au XVIe siècle. Il se distingue comme l’un des rares exemples subsistants de ce type d’architecture dans la région bordelaise. Le monument, entouré de douves sur trois côtés, est constitué d’un quadrilatère flanqué de quatre tours d’angle (trois rondes et une carrée abritant une chapelle), et d’un bâtiment rectangulaire initial. Son entrée principale, accessible par un pont, donne sur une allée devenue la rue Alfred de Musset. Aujourd’hui enserré entre des lotissements et un centre commercial, il conserve des traces de son passé médiéval malgré des adjonctions postérieures.
Le château a été construit sur une ancienne motte castrale, dans une zone permettant de surveiller la rive droite de la Jalle, près du chemin de Bordeaux à Lacanau. La première mention du site remonte à 1289, mais l’édifice actuel date de la reconstruction post-guerre de Cent Ans. Il a appartenu à plusieurs familles, dont les Montaigne (à partir de 1541), qui le modifièrent aux XVIIe et XVIIIe siècles. Pendant les guerres de Religion, il fut attaqué, et sous la Révolution, confisqué comme bien national après l’émigration de sa propriétaire, Mme de Basterot. En 1943, un blockhaus y fut construit par les Allemands, et les bombardements de 1944 révélèrent des parties médiévales jusqu’alors cachées.
La chapelle du château, située dans la tour carrée, était accessible par une cour fermée et décorée de tableaux au XVIIIe siècle. En 1787, elle fut décrite comme « en bon état » par le vicaire général Camiran, qui autorisa son usage cultuel. Le château, partiellement inscrit en 1988, fut entièrement protégé en 2013, incluant ses douves, son pont et son emprise historique. Malgré son état fragmentaire, il témoigne de l’architecture défensive médiévale et de son évolution à travers les siècles.
Les descriptions historiques soulignent son plan quadrilatère original, avec des murs doublés et une galerie voûtée au rez-de-chaussée, typique des maisons fortes. Les tours, initialement couvertes, perdirent leurs toitures pendant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, certaines ont été restaurées (comme la tour carrée surmontée d’un oiseau), tandis que d’autres restent sans couverture. Le site, bien que peu mis en valeur, offre un rare exemple de patrimoine militaire bordelais, souvent disparu.
Parmi ses propriétaires marquants, Pierre Eyquem de Montaigne (oncle de l’écrivain) acquit le château entre 1541 et 1573. La famille le conserva jusqu’à la Révolution, période durant laquelle il fut vendu comme bien national. Au XIXe siècle, des éboulements dus aux bombardements révélèrent des structures médiévales, comme une voûte en anse de panier et un chemin de ronde. Ces découvertes permirent de mieux comprendre son état primitif, décrit dans un inventaire de 1574.