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Château de la Motte Jean à Saint-Coulomb en Ille-et-Vilaine

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château

Château de la Motte Jean

  • La Motte Jean
  • 35350 Saint-Coulomb
Château de la Motte Jean
Château de la Motte Jean
Château de la Motte Jean
Crédit photo : Annick Bregain - Sous licence Creative Commons
Propriété privée
35350 Saint-Coulomb, La Motte Jean

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIVe siècle
Forteresse des du Guesclin
1513-1756
Propriété des marquis du Hindré
1756
Achat par les Surcouf
1793
Exécution de Grout de la Motte
2016
Restauration par une famille malouine
7 juin 2021
Réinscription aux Monuments Historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

La malouinière de la Motte-Jean, à savoir le logis en totalité, le colombier et l'ancienne chapelle en totalité, le jardin pour son sol d'assiette et l'ensemble de ses dispositions architecturées (murs, terrasses, douves, escaliers, etc. - à l'exclusion de la dépendance récente) ainsi que l'étang avec sa chaussée et l'ancienne allée au sud de la propriété, ensemble figurant au cadastre de la commune de Saint-Coulomb, section L parcelles n° 77, 83 à 86, 93, 94, 100, 254, 256, 396, 398, 409, 410, 412 à 424 et au cadastre de la commune de Cancale, section C parcelle n° 313, suivant le plan joint à l'arrêté : inscription par arrêté du 7 juin 2021

Personnages clés

Bertrand du Guesclin - Connétable de France Frère propriétaire du site au XIVe.
Robert Surcouf - Corsaire et armateur Famille propriétaire au XVIIIe siècle.
Grout de la Motte - Officier de marine Guillotiné en 1793 pour royalisme.
Philippe Luyt - Propriétaire-restaurateur (1975-2016) Inscription aux Monuments Historiques en 1980.
Bertranne Surcouf - Héritière et épouse Potier de la Houssaye Dotée du château en 1764.

Origine et histoire du Château de la Motte Jean

Le château de la Motte Jean, situé à Saint-Coulomb en Ille-et-Vilaine, est une malouinière édifiée au début du XVIIIe siècle sur les vestiges d’une forteresse médiévale. À l’origine, ce site était une place forte appartenant au frère de Bertrand du Guesclin au XIVe siècle, puis aux marquis du Hindré au XVIe siècle. Transformé en résidence seigneuriale, il fut acquis en 1756 par la famille Surcouf, célèbre pour ses armateurs malouins, avant d’être cédé aux Grout de Beauvais, qui en firent un point stratégique pendant la Révolution.

La Motte Jean illustre l’architecture défensive et résidentielle des corsaires malouins, avec un corps central flanqué de pavillons, des douves alimentées par des sources, et un pigeonnier médiéval transformé. Le château fut partiellement arasé au XVIIe siècle, mais conserve des éléments Renaissance, comme un escalier en bois sculpté et des cheminées monumentales. La chapelle de la Trinité, datée de 1707, fut un lieu de sépulture pendant les troubles révolutionnaires, tandis que le domaine servit d’hôpital militaire en 1794.

Classé monument historique depuis 1980, puis réinscrit en 2021, le château a connu des restaurations majeures, notamment sa toiture refaite à l’ancienne en ardoise. Les fouilles ont révélé des boulets de canon des XIVe et XVIIIe siècles, témoignages des conflits passés. Aujourd’hui, la Motte Jean allie patrimoine architectural et paysages préservés, avec ses jardins en terrasse, son étang et ses vestiges féodaux, reflétant l’histoire maritime et seigneuriale de la Bretagne.

Le site est aussi marqué par des épisodes tragiques, comme l’exécution en 1793 de Grout de la Motte, impliqué dans une conspiration royaliste, ou l’utilisation de la chapelle comme fosse commune pendant la Terreur. Les propriétaires successifs, dont Philippe Luyt dans les années 1970 et une famille malouine depuis 2016, ont œuvré pour sa préservation, en collaboration avec les Affaires culturelles et des architectes spécialisés.

La malouinière s’inscrit dans un réseau de résidences corsaires, comme la Giclais à Saint-Servan, et témoigne de l’influence des familles d’armateurs sur le littoral breton. Son plan en H, ses pièces d’eau et son pigeonnier aux 600 boulins en font un exemple remarquable de l’adaptation des fortifications médiévales en demeures d’agrément, tout en conservant des traces de son passé militaire et agricole.

Liens externes

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