Origine et histoire du Château de La Palice
Le château de La Palice, situé à Lapalisse dans l’Allier, est une ancienne place forte édifiée au XIIe siècle, puis remaniée aux XIIIe, XIVe, XVe et XVIe siècles. À l’origine, ce fortin en bois et pierre était ceinturé d’une palissade (appelée palitium), donnant son nom à la localité. Il commandait le passage stratégique de la vallée de la Besbre, frontière entre le duché de Bourgogne et le royaume de France jusqu’en 1477. La famille de La Palice, originaire du Forez, en fut propriétaire dès le XIIIe siècle, avant que le domaine ne passe aux Chabannes au XVe siècle.
Au XVe siècle, Jacques Ier de Chabannes, sénéchal de Toulouse et chambellan de Charles VII, transforma le château en une résidence seigneuriale. Il fit construire la chapelle Saint-Léger (vers 1450-1470), de style gothique, et y fonda six chapellenies. Son petit-fils, Jacques II de Chabannes, maréchal de France sous François Ier, érigea au début du XVIe siècle un logis Renaissance en briques polychromes, marquant l’abandon progressif de la fonction défensive. Ce « château neuf » abritait des plafonds à caissons dorés, comme le célèbre Salon Doré, et une tour d’escalier hexagonale dite tour de la Marquise.
Le château fut un lieu de pouvoir et de réception royale : Charles VII, Louis XI, Charles VIII, François Ier et Henri II y séjournèrent. Au XVIIe siècle, il passa aux La Guiche, puis aux Chabannes-La Palice, qui le restaurèrent partiellement au XIXe siècle après les dégradations révolutionnaires. La chapelle, classée monument historique, conserve les gisants mutilés de Jacques Ier et Anne de Lavieu. Le parc, redessiné par le paysagiste Paul de Choulot, et les écuries du XVIIe siècle complètent l’ensemble.
Classé monument historique en 1933 et 1999, le château de La Palice illustre l’évolution architecturale des forteresses médiévales vers les résidences aristocratiques de la Renaissance. Ses plafonds Renaissance, inspirés de modèles italiens, et son histoire liée aux grands noms du royaume (comme le connétable de Bourbon) en font un témoignage majeur du patrimoine bourbonnais.
Parmi les éléments remarquables, on note la tenture des Preux (tapisseries du XVIe siècle), les communs et écuries du XVIIe siècle, et le mausolée du maréchal de La Palice, partiellement détruit pendant la Révolution. Le site, ouvert à la visite, inclut aussi des jardins classés et une porterie d’entrée protégée depuis 1998.