Frise chronologique
XVe siècle
Origines monastiques et repaire
Origines monastiques et repaire
XVe siècle (≈ 1550)
Grange cistercienne détruite pendant la guerre.
XVIe siècle
Fortifications
Fortifications
XVIe siècle (≈ 1650)
Ajout de tours canonnières pendant les guerres.
vers 1725
Construction aile ouest
Construction aile ouest
vers 1725 (≈ 1725)
Initiée par Pierre et Antoine Vidal.
1765
Aile sud et jardins réguliers
Aile sud et jardins réguliers
1765 (≈ 1765)
Création des parterres carrés.
1685–1886
Période Vidal
Période Vidal
1685–1886 (≈ 1786)
Famille propriétaire, transformations majeures.
1868
Parc paysager
Parc paysager
1868 (≈ 1868)
Transformation par Marie Louis Charles Vidal.
20 juillet 1992
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
20 juillet 1992 (≈ 1992)
Protection du château et de ses terrasses.
27 décembre 2012
Inscription du parc
Inscription du parc
27 décembre 2012 (≈ 2012)
Protection des bassins et dépendances.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le chateau, y compris les terrasses, les murs de soutènement et le sol de la cour d'honneur (cad. AD 192) : classement par arrêté du 20 juillet 1992 - La dépendance : écurie, grange, serre et faisanderie (cad. AD 192), ainsi que le parc, avec ses bassins (cad. AD 193 à 195) : inscription par arrêté du 27 décembre 2012
Personnages clés
| Jean Vidal de Lapize - Garde des Sceaux (Parlement de Toulouse) |
Initiateur des rénovations au XVIIIe siècle. |
| Antoine Vidal de Lapize (1722–?) - Conseiller du roi |
Constructeur de l’aile sud et des jardins. |
| Jacques Rigal Caulet - Conseiller et ami de la famille |
Aura fourni plans et modèles (tradition familiale). |
| Marie Louis Charles Vidal de Lapize (1838–?) - Dernier héritier mâle |
Créateur du parc paysager en 1868. |
Origine et histoire
Le château de la Pannonie, situé à Couzou dans le Lot (Occitanie), trouve ses origines au XVe siècle comme grange monastique cistercienne liée au défrichement du causse de Gramat. Détruit pendant la guerre de Cent Ans, il est reconstruit en repaire fortifié, doté de tours canonnières et de chambres de tir au XVIe siècle, lors des guerres de Religion. Au XVIIe siècle, il se compose d’un corps central flanqué de deux ailes nord et sud, avant que l’aile ouest ne soit ajoutée au XVIIIe siècle par la famille Vidal, alors propriétaire.
Au XVIIIe siècle, sous l’impulsion d’Antoine Vidal de Lapize (1722–?), conseiller du roi et marié à une héritière parlementaire, l’aile sud est édifiée (vers 1765), donnant naissance à une cour intérieure et à un jardin régulier à quatre parterres carrés. Ce jardin, visible sur un plan de 1825, reflète l’influence des salons rocaille du château. Les conseils de Jacques Rigal Caulet, proche de la famille, auraient guidé ces aménagements. Le domaine, initialement agricole (potager, verger), évolue vers un parc orné, bien que les sources manquent pour préciser son étendue avant le XIXe siècle.
En 1868, Marie Louis Charles Vidal de Lapize, dernier héritier mâle, transforme radicalement le parc en un jardin paysager, superposé au tracé classique antérieur. Ce projet ambitieux, probablement conçu par le propriétaire lui-même, intègre des essences exotiques (cèdres, érables sycomores), une serre vitrée, et un système hydraulique alimentant trois bassins-miroirs. Le parc, aujourd’hui en partie délaissé, conserve des traces de cette dualité stylistique : allées biaisées héritées du XVIIIe siècle et formes ovales romantiques. Le château, classé Monument Historique en 1992, et son parc inscrit en 2012, témoignent de cette stratification historique.
La famille Vidal, propriétaire de 1685 à 1886, marque profondément le site. Jean Vidal de Lapize (début XVIIIe siècle), Garde des Sceaux au Parlement de Toulouse, initie la rénovation du domaine, tandis que son petit-fils, au XIXe siècle, modernise les intérieurs (salons XIXe, mobilier du maréchal Soult) et le parc. Les correspondances familiales évoquent un réseau d’influence parlementaire et une volonté d’affirmer un statut social par l’architecture et les jardins. L’absence de plans signés par un paysagiste suggère une réalisation empirique, typique des propriétés aristocratiques provinciales.
Les éléments défensifs médiévaux (tours canonnières, murs percés pour couleuvrines) contrastent avec les ajouts néo-classiques et paysagers. Le château illustre ainsi les transitions architecturales : du repaire féodal au lieu de villégiature, en passant par une résidence parlementaire. Les peintures acquises en 1780 par Antoine Vidal de Lapize, provenant du château de Saint-Sulpice, enrichissent son décor intérieur, bien que leur devenir exact reste incertain. Aujourd’hui, le site allie vestiges médiévaux, structure classique, et traces d’un parc romantique, reflétant près de cinq siècles d’histoire.