Origine et histoire du Château de la Pastellière
Le château de la Pastellière, situé à Combrand dans les Deux-Sèvres, est un édifice construit à la fin du XVe siècle et au début du XVIe siècle. Il appartient initialement à la famille de La Pastellière, attestée dès 1378. Ses caractéristiques défensives, comme les douves en eau, les trois tours rondes et le pont-levis en granit, en font un exemple typique de l’architecture castrale de la Renaissance. L’intérieur conserve un escalier remarquable, voûté de croisées d’ogives ornées de blasons, tandis que la chapelle, accolée à une tour, témoigne d’adjonctions ultérieures.
En 1641, le château est toujours aux mains de la famille de La Pastellière. En 1704, il est acquis par Charles Durant, marchand de droguet et maire perpétuel de Bressuire, qui adopte alors le nom Durant de La Pastellière. Pendant la guerre de Vendée (1793-1794), le château sert d’hôpital militaire aux blessés vendéens et échappe à un incendie tenté par la colonne infernale du général Grignon. Les transformations intérieures des XVIIIe et XIXe siècles, comme les aménagements du corps de logis, coexistent avec la structure médiévale d’origine.
Au XIXe siècle, le château change plusieurs fois de mains : racheté en 1889 par la famille Savary de Beauregard, puis morcelé en 1953 avant d’être sauvé de la démolition par la famille Catta, alliée aux Durant de La Pastellière. En 1988, ses façades, toitures, douves, tours et escalier sont inscrits à l’Inventaire des monuments historiques. Depuis 2003, une rénovation alliant modernité et respect du patrimoine est entreprise par la société Foncier SA, actuelle propriétaire.
Architecturalement, le château se distingue par sa toiture en ardoise à pentes brisées, ses lucarnes et ses éléments défensifs préservés. Le corps de logis, rectangulaire et contreforté par des tours, abrite un pavillon en avancée avec un escalier monumental. La porte d’entrée, de style Renaissance, et les voûtes ogivales de l’escalier illustrent le mélange des époques. Malgré des adjonctions du XIXe siècle, l’édifice en granit conserve l’essentiel de ses dispositions originales, offrant l’image d’un château de conte médiéval.
Les éléments protégés depuis 1988 incluent les façades, les toitures, l’escalier intérieur avec sa cage, les douves avec leurs tours d’angle, et le pont d’accès. Ces protections soulignent la valeur historique et architecturale du site, tout en permettant son adaptation contemporaine. Aujourd’hui, le château reste un témoignage des évolutions sociales et militaires de la région, de la Renaissance aux conflits vendéens.