Origine et histoire du Château de la Petite Malmaison
Le château de la Petite Malmaison, situé à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), fut édifié entre 1803 et 1805 pour l’impératrice Joséphine, propriétaire du domaine voisin de Malmaison. Conçu comme un pavillon de réception adjacent à une vaste serre chaude pionnière – première grande structure vitrée de France –, il abritait des salons luxueusement décorés par des artisans renommés comme Jacob-Desmalter et le marbrier Gilet. Le parc, traité à l’anglaise par Louis-Martin Berthault, complétait cet ensemble impérial.
La serre, divisée en deux sections (une zone chauffée pour les plantes exotiques et un bâtiment de réception), mesurait 50 mètres de long. Elle fut démantelée dès 1827 en raison de son coût d’entretien. Le pavillon, remanié par ses propriétaires successifs, perdit ses serres mais conserva des éléments décoratifs originaux, comme des parquets et des moulages de marbres antiques. Le domaine changea de mains plusieurs fois, passant notamment au banquier suédois Jonas-Philip Hagerman (1828) puis au comte Pascal de Bourbon-Siciles (1887), exilé italien.
Au XXe siècle, la Petite Malmaison fut acquise par la famille Czarnecki, aristocrates polonais fuyant le communisme. Le château, classé Monument Historique en 1995, conserve des traces de son fastueux passé : façades ornées de copies de sculptures antiques spoliées (comme le buste d’Agrippa ou l’Antinoüs du Capitole), un salon de musique décoré de moulages des marbres du Parthénon, et un parc avec une pièce d’eau. Les modifications architecturales (cloisonnements, ajouts de fenêtres) reflètent son adaptation en résidence privée.
Parmi les œuvres notables, on trouve un tableau de Jean-Jacques Hauer représentant la remise des insignes de la Légion d’honneur (1804), ainsi que des meubles estampillés Jacob-Desmalter. La façade arbore des bas-reliefs copiés de l’Hôtel de Salm à Paris, tandis que le salon de musique expose sept moulages de la frise ouest du Parthénon, réalisés à Athènes avant 1787. Ces éléments témoignent du goût de Joséphine pour l’art antique et des spoliations napoléoniennes.
Le domaine, initialement lié au château de Malmaison, fut loti au XIXe siècle, séparant les deux propriétés. Aujourd’hui, la Petite Malmaison reste un exemple rare d’architecture impériale préservée, mêlant héritage napoléonien, transformations privées et trésors artistiques. Son parc, planté de cèdres et de marronniers, conserve des traces d’un ancien jardin à la française, tandis que la fontaine centrale est ornée d’une Vénus accroupie, copie d’une œuvre vaticane.