Frise chronologique
1636
Date inscrite sur une pierre remployée
Date inscrite sur une pierre remployée
1636 (≈ 1636)
Indice d’une demeure antérieure au XVIIe.
24 janvier 1654
Achat de la seigneurie par André II Froger
Achat de la seigneurie par André II Froger
24 janvier 1654 (≈ 1654)
22 800 livres tournois pour la terre.
1711
Anoblissement d’André III Froger
Anoblissement d’André III Froger
1711 (≈ 1711)
Par Louis XV, avec son frère Michel.
1759-1776
Construction du château actuel
Construction du château actuel
1759-1776 (≈ 1768)
Par André Alexandre Froger de La Rigaudière.
mars 1790
Perquisition révolutionnaire
Perquisition révolutionnaire
mars 1790 (≈ 1790)
Recherche d’armes, sans dégradation.
27 décembre 1996
Classement monument historique
Classement monument historique
27 décembre 1996 (≈ 1996)
Château, communs, cour et jardin protégés.
1998
Prix Sazerac
Prix Sazerac
1998 (≈ 1998)
Récompense pour la préservation du patrimoine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château proprement dit avec le pavillon coiffé d'un toit à l'Impériale ; façades et toitures des deux ailes de communs disposées en retour ; sol correspondant à l'emprise des parcelles sur lesquelles sont situés ces bâtiments ; cour avec ses murs ; jardin arrière (cad. AD 182, 183) ; allée d'entrée du château (cad. AD 173, 174, 178) : classement par arrêté du 27 décembre 1996
Personnages clés
| André II Froger (1612-1670) - Négociant en sel et armateur |
Acheteur de la seigneurie en 1654. |
| André III Froger (1655-1727) - Lieutenant de vaisseau |
Anobli en 1711, seigneur héritier. |
| Michel-Honoré Froger de La Rigaudière (1687-1759) - Officier de marine |
Père du constructeur du château. |
| André Alexandre Froger de La Rigaudière (1722-1807) - Constructeur du château |
Premier lieutenant de la Compagnie des Indes. |
| Marie Julie Adélaïde Froger de La Rigaudière - Héritière du château |
Épouse de Joseph Bernard de Bouët du Portal. |
| Olivier de Bouët du Portal - Propriétaire (2000-2015) |
Dernier descendant propriétaire avant 2015. |
Origine et histoire
Le château de la Rigaudière est une demeure charentaise construite au XVIIIe siècle pour la famille Froger de La Rigaudière, dans un style classique. Il remplace une maison noble du XVIIe siècle, mentionnée dès 1636, acquise en 1654 par André II Froger, négociant en sel et armateur protestant. La seigneurie passe ensuite à ses descendants, dont André III Froger, anobli en 1711, puis à Michel-Honoré Froger de La Rigaudière, officier de marine.
L’édifice actuel est bâti entre 1759 et 1776, probablement entre 1774 et 1776, par André Alexandre Froger de La Rigaudière, officier de marine et chevalier de Saint-Louis. Financé par la vente de mines et d’une fonderie, le château échappe aux destructions révolutionnaires grâce à la non-émigration de son propriétaire. À sa mort en 1807, il est transmis à ses filles, dont la descendance, la famille Bouët du Portal, en reste propriétaire jusqu’en 2015.
Classé monument historique en 1996, le château comprend un corps de logis avec toit à l’Impériale, des communs en retour d’équerre, et un parc inscrit. Son intérieur conserve des boiseries Louis XV, des cheminées du XVIIIe siècle et des dessus-de-porte peints. Le domaine reçoit le prix Sazerac en 1998, soulignant sa valeur patrimoniale.
Architecturalement, le château se distingue par une cour rectangulaire bordée de communs bas, un logis classique à deux niveaux encadré de pavillons, et une façade antérieure précédée d’une terrasse à balustres. La façade postérieure donne sur un jardin, tandis qu’un pavillon latéral, anciennement des latrines, arbore le même style. L’ensemble illustre l’influence des modèles classiques dans l’architecture rurale charentaise du XVIIIe siècle.
La seigneurie de La Rigaudière, attestée dès 1579, incarne l’ascension sociale des Froger, famille protestante anoblie par ses services militaires et commerciaux. Leur histoire reflète les dynamiques économiques de la Saintonge, marquée par le commerce maritime, l’armement et l’intégration progressive à la noblesse d’Ancien Régime.