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Château de la Rochandry à Mouthiers-sur-Boëme en Charente

Château de la Rochandry

    31 La Rochandry
    16440 Mouthiers-sur-Boëme
Propriété privée
Château de la Rochandry
Château de la Rochandry
Château de la Rochandry
Crédit photo : Jack ma - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
900
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
IXe siècle
Construction primitive
1075-1080
Première mention écrite
1387
Prise par Louis de Sancerre
1416
Reprise définitive par Barbazan
XVe siècle
Reconstruction gothique
1613-1616
Rénovation Renaissance
1845
Démantèlement partiel
1850
Construction du château actuel
11 décembre 2023
Inscription aux Monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les bâtiments, l’éolienne ainsi que les vestiges archéologiques qui pourraient être découverts entre la Boëme à l’Ouest et le chemin reliant la cour des communs et la terrasse du château de la Rochandry, en totalité, sis sur les parcelles n° 148, 150, 151, 152, section D comme il est indiqué sur le plan joint à l’arrêté : inscription par arrêté du 11 décembre 2023

Personnages clés

Guillaume Chandéric - Seigneur de Saintes Fondateur présumé de la motte féodale
Guillaume de La Roche - Seigneur cité en 1075-1080 Première mention écrite du château
Louis de Sancerre - Maréchal de France Chassa les Anglais en 1387
Barbazan - Capitaine de Charles VII Reprit le château en 1416
Jean de La Rochandry - Seigneur du XVe siècle Reconstruit le château en style gothique
François Fougeret - Avoué à Angoulême Propriétaire en 1834, construisit la papeterie
Servant - Banquier d'Angoulême Fit construire l’actuel château en 1850

Origine et histoire

Le château de la Rochandry, implanté sur un éperon rocheux surplombant la Boëme à Mouthiers-sur-Boëme, trouve ses origines au IXe siècle avec une motte féodale attribuée à Guillaume Chandéric, seigneur de Saintes. Bien que la première mention écrite n’apparaisse qu’au XIe siècle (avec Guillaume de La Roche cité entre 1075 et 1080), le site devint une place forte stratégique de l’Angoumois, intégrée aux quatre « roches » défensives de la région. La baronnie, dotée de droits judiciaires étendus, dépendait de l’évêché d’Angoulême, imposant au seigneur des obligations protocolaires comme porter le pied du trône épiscopal lors des intronisations.

Pendant la guerre de Cent Ans, le château fut âprement disputé entre Français et Anglais. En 1387, Louis de Sancerre, maréchal de France, en chassa les Anglais et ordonna sa démolition, mais ceux-ci le reprirent avant d’en être définitivement expulsés en 1416 par le capitaine Barbazan, qui fit raser la forteresse. Reconstruit au XVe siècle en style gothique par Jean de La Rochandry, le château passa ensuite aux familles Saint-Gelais (1445), Tison d’Argence, puis Forgues de Lavedan, qui le transformèrent en résidence Renaissance entre 1613 et 1616. Son déclin s’amorça au XVIIIe siècle avec des ventes successives et des démolitions partielles.

Au XIXe siècle, le site fut partiellement démantelé pour construire une papeterie (1845), avant d’être racheté en 1850 par le banquier Servant, qui érigea l’actuel château néoclassique en pierre de taille, couvert d’ardoises et flanqué de tourelles. Ruiné par ce projet, Servant laissa un édifice privé, non ouvert à la visite, dont les vestiges archéologiques et l’éolienne furent inscrits aux Monuments historiques en décembre 2023. L’architecture actuelle, bien que récente, conserve des traces des tours romanes et du logis gothique, témoins de son passé médiéval.

Le château illustre les mutations d’une forteresse en résidence seigneuriale, puis en symbole romantique du XIXe siècle. Son histoire reflète les conflits franco-anglais en Angoumois, les jeux de pouvoir locaux (droits féodaux, alliances familiales) et les reconstructions successives, marquant le paysage de la vallée de la Boëme. Aujourd’hui, son inscription récente souligne la valeur patrimoniale de ses vestiges, malgré les transformations radicales subies depuis le Moyen Âge.

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