Frise chronologique
IXe siècle
Construction primitive
Construction primitive
IXe siècle (≈ 950)
Motte féodale attribuée à Guillaume Chandéric
1075-1080
Première mention écrite
Première mention écrite
1075-1080 (≈ 1078)
Guillaume de La Roche cité
1387
Prise par Louis de Sancerre
Prise par Louis de Sancerre
1387 (≈ 1387)
Démolition ordonnée contre les Anglais
1416
Reprise définitive par Barbazan
Reprise définitive par Barbazan
1416 (≈ 1416)
Démolition effective de la forteresse
XVe siècle
Reconstruction gothique
Reconstruction gothique
XVe siècle (≈ 1550)
Par Jean de La Rochandry
1613-1616
Rénovation Renaissance
Rénovation Renaissance
1613-1616 (≈ 1615)
Par les Forgues de Lavedan
1845
Démantèlement partiel
Démantèlement partiel
1845 (≈ 1845)
Pieres utilisées pour une papeterie
1850
Construction du château actuel
Construction du château actuel
1850 (≈ 1850)
Par le banquier Servant
11 décembre 2023
Inscription aux Monuments historiques
Inscription aux Monuments historiques
11 décembre 2023 (≈ 2023)
Bâtiments, éolienne et vestiges archéologiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les bâtiments, l’éolienne ainsi que les vestiges archéologiques qui pourraient être découverts entre la Boëme à l’Ouest et le chemin reliant la cour des communs et la terrasse du château de la Rochandry, en totalité, sis sur les parcelles n° 148, 150, 151, 152, section D comme il est indiqué sur le plan joint à l’arrêté : inscription par arrêté du 11 décembre 2023
Personnages clés
| Guillaume Chandéric - Seigneur de Saintes |
Fondateur présumé de la motte féodale |
| Guillaume de La Roche - Seigneur cité en 1075-1080 |
Première mention écrite du château |
| Louis de Sancerre - Maréchal de France |
Chassa les Anglais en 1387 |
| Barbazan - Capitaine de Charles VII |
Reprit le château en 1416 |
| Jean de La Rochandry - Seigneur du XVe siècle |
Reconstruit le château en style gothique |
| François Fougeret - Avoué à Angoulême |
Propriétaire en 1834, construisit la papeterie |
| Servant - Banquier d'Angoulême |
Fit construire l’actuel château en 1850 |
Origine et histoire
Le château de la Rochandry, implanté sur un éperon rocheux surplombant la Boëme à Mouthiers-sur-Boëme, trouve ses origines au IXe siècle avec une motte féodale attribuée à Guillaume Chandéric, seigneur de Saintes. Bien que la première mention écrite n’apparaisse qu’au XIe siècle (avec Guillaume de La Roche cité entre 1075 et 1080), le site devint une place forte stratégique de l’Angoumois, intégrée aux quatre « roches » défensives de la région. La baronnie, dotée de droits judiciaires étendus, dépendait de l’évêché d’Angoulême, imposant au seigneur des obligations protocolaires comme porter le pied du trône épiscopal lors des intronisations.
Pendant la guerre de Cent Ans, le château fut âprement disputé entre Français et Anglais. En 1387, Louis de Sancerre, maréchal de France, en chassa les Anglais et ordonna sa démolition, mais ceux-ci le reprirent avant d’en être définitivement expulsés en 1416 par le capitaine Barbazan, qui fit raser la forteresse. Reconstruit au XVe siècle en style gothique par Jean de La Rochandry, le château passa ensuite aux familles Saint-Gelais (1445), Tison d’Argence, puis Forgues de Lavedan, qui le transformèrent en résidence Renaissance entre 1613 et 1616. Son déclin s’amorça au XVIIIe siècle avec des ventes successives et des démolitions partielles.
Au XIXe siècle, le site fut partiellement démantelé pour construire une papeterie (1845), avant d’être racheté en 1850 par le banquier Servant, qui érigea l’actuel château néoclassique en pierre de taille, couvert d’ardoises et flanqué de tourelles. Ruiné par ce projet, Servant laissa un édifice privé, non ouvert à la visite, dont les vestiges archéologiques et l’éolienne furent inscrits aux Monuments historiques en décembre 2023. L’architecture actuelle, bien que récente, conserve des traces des tours romanes et du logis gothique, témoins de son passé médiéval.
Le château illustre les mutations d’une forteresse en résidence seigneuriale, puis en symbole romantique du XIXe siècle. Son histoire reflète les conflits franco-anglais en Angoumois, les jeux de pouvoir locaux (droits féodaux, alliances familiales) et les reconstructions successives, marquant le paysage de la vallée de la Boëme. Aujourd’hui, son inscription récente souligne la valeur patrimoniale de ses vestiges, malgré les transformations radicales subies depuis le Moyen Âge.