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Château de La Roche à Larochemillay dans la Nièvre

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château de style Classique

Château de La Roche à Larochemillay

  • 72 Le Bourg
  • 58370 Larochemillay
Crédit photo : Moreau.henri - Sous licence Creative Commons
Propriété privée
58370 Larochemillay, 72 Le Bourg

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
800
900
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
VIIIe siècle
Premier château attesté
1412
Incendie du château médiéval
1720
Début de la reconstruction
1736
Achèvement des travaux
15 mars 2002
Inscription aux Monuments Historiques
18 décembre 2008
Incendie partiel
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le château en totalité ; les façades et toitures du commun et de la maison du régisseur ; la tour médiévale ; la terrasse avec ses balustrades ; les murs de soubassement ; les deux portails ; l'emprise du jardin (cad. B 285, 294, 296, 297, 759, 760) : inscription par arrêté du 15 mars 2002

Personnages clés

Maréchal de Villars - Commanditaire initial Acheta la seigneurie en 1720
Michel-Ange Caristie - Architecte Conçut le château actuel
François de La Ferté-Meun - Propriétaire et mécène Acheva la construction en 1736
Jean II de La Roche-Millay - Seigneur médiéval Organisa un coup de force en 1253
Joseph-René de Rousselle - Comte de La Roche-Millay Titre accordé par Louis XIV

Origine et histoire du Château de la Roche

Le château de La Roche à Larochemillay, en Bourgogne-Franche-Comté, succède à une longue lignée de forteresses attestées dès le VIIIe siècle. Implanté sur une presqu’île rocheuse, site d’un ancien oppidum romain, il fut le cœur d’une baronnie puissante du Nivernais. Le bourg s’est développé sous sa protection, reflétant son rôle central dans l’organisation féodale locale. Deux tours circulaires et des remparts subsistent du château médiéval, détruit par un incendie en 1412.

Le château actuel, construit entre 1720 et le premier quart du XVIIIe siècle, fut commandé par le maréchal de Villars, puis achevé par le comte François de La Ferté-Meun avec l’architecte Michel-Ange Caristie. Son style classique et sobre contraste avec les vestiges romantiques du donjon écroulé. Les décors intérieurs, bien que remaniés au XIXe siècle, conservent des éléments du XVIIIe. Un incendie en 2008 a partiellement détruit l’aile est, et un effondrement du mur d’enceinte en 2017 a nécessité des restaurations toujours en cours.

La seigneurie de La Roche-Millay, dépendante du duché du Nivernais, comptait à la fin de l’Ancien Régime 33 seigneuries en haute justice et plus de 50 en justice moyenne ou basse. Ses domaines incluaient 13 forêts et 19 étangs, générant des revenus considérables. Louis XIV éleva le titre de la famille propriétaire à celui de comte à la fin du XVIIe siècle. Le château, inscrit aux monuments historiques en 2002, fut successivement propriété des familles de Noailles et de Montesquiou-Fezensac après 1851.

L’histoire du château est marquée par des épisodes violents, comme la destruction d’un premier édifice en 762 lors des conflits entre Waïfre, duc d’Aquitaine, et Pépin le Bref. Au XIIe siècle, Jean II de La Roche-Millay organisa un coup de force audacieux à Autun pour libérer des seigneurs emprisonnés, avant d’être condamné à une humiliation publique. Les archives de la seigneurie, brûlées en 1792, privent les historiens de nombreux détails sur son administration féodale.

Le site, stratégique, domine la confluence de la rivière de la Roche et du ruisseau des Marauds. Son architecture actuelle, malgré les vicissitudes, témoigne de la transition entre la forteresse médiévale et la résidence aristocratique des Lumières. Les travaux de restauration visent à préserver ce patrimoine, classé parmi les sites retenus pour le Loto du patrimoine en 2018.

La chapelle Saint-Gengoult voisine et la forteresse de Touleur, proches géographiquement, soulignent l’importance historique de cette zone du Morvan. Le château, ouvert à la visite sous conditions, reste un symbole de la puissance féodale puis nobiliaire en Nivernais, entre héritage militaire et élégance classique.

Liens externes

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