Crédit photo : Cheryl from Heptonstall & Brussels, UK & Belgium - Sous licence Creative Commons
Frise chronologique
vers 1475
Construction de la forteresse
Construction de la forteresse
vers 1475 (≈ 1475)
Jehan II de Latour érige un château triangulaire.
1603
Fin de l’indivision
Fin de l’indivision
1603 (≈ 1603)
Jacques de Courbon unifie le domaine sous La Roche-Courbon.
1710
Incendie partiel
Incendie partiel
1710 (≈ 1710)
Destruction de l’aile est et de deux tours (plan de Claude Masse).
XVIIe siècle
Transformation en résidence
Transformation en résidence
XVIIe siècle (≈ 1750)
Jean-Louis de Courbon modernise le château et crée les jardins.
1908
Appel de Pierre Loti
Appel de Pierre Loti
1908 (≈ 1908)
Publication dans *Le Figaro* pour sauver le château.
1920–1939
Restauration par Paul Chénereau
Restauration par Paul Chénereau
1920–1939 (≈ 1930)
Reconstruction des jardins et du logis.
17 septembre 1946
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
17 septembre 1946 (≈ 1946)
Protection totale du château, jardins et douves.
1999
Tempête Martin
Tempête Martin
1999 (≈ 1999)
Destruction de 90 ha de forêt.
2004
Label Jardin remarquable
Label Jardin remarquable
2004 (≈ 2004)
Reconnaissance officielle des jardins.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Totalité des bâtiments anciens, terrasses, douves et jardins : classement par arrêté du 17 septembre 1946
Personnages clés
| Jehan II de Latour - Seigneur et bâtisseur |
Conçoit la forteresse vers 1475. |
| Jacques de Courbon - Unificateur du domaine |
Met fin à 113 ans d’indivision en 1603. |
| Jean-Louis de Courbon - Transformateur du XVIIe siècle |
Modernise le château et crée les jardins. |
| Pierre Loti - Écrivain et sauveur |
Lance un appel pour sa restauration en 1908. |
| Paul Chénereau - Restaurateur et mécène |
Rachète et réhabilite le domaine (1920–1967). |
| Jean-Baptiste Mac Nemara - Propriétaire colonial |
Achète le château en 1756 avec des fonds esclavagistes. |
| Ferdinand Duprat - Architecte-paysagiste |
Conçoit les jardins actuels avec Paul Chénereau. |
Origine et histoire
Le château de La Roche Courbon, situé à Saint-Porchaire en Charente-Maritime, est un édifice dont les origines remontent au XVe siècle avec la construction d’une forteresse triangulaire par Jehan II de Latour. Ce château fort, défendu naturellement par des marais et doté de tours massives comme celle de la Fuye, reflète les tensions de l’époque entre Français et Anglo-Aquitains. Les grottes sous-jacentes, occupées depuis le Moustérien (120 000 av. J.-C.), attestent d’une présence humaine ancienne sur ce site stratégique bordant le Bruant, où subsistent aussi des vestiges gallo-romains et mérovingiens.
Au XVIIe siècle, Jean-Louis de Courbon transforme radicalement la forteresse en une résidence élégante, inspirée par les jardins à la française – antérieurs à ceux de Versailles. Le corps de logis s’ouvre à la lumière avec de larges fenêtres, un balcon soutenu par des colonnes toscanes, et un escalier monumental descendant vers des terrasses ornées de pavillons Louis XIII. Un incendie au début du XVIIIe siècle détruit partiellement l’aile est et deux tours, comme en témoigne un plan de Claude Masse (1710). Les embellissements se poursuivent en 1785 sous le marquis Sophie-Jacques de Courbon Blénac, qui ajoute un escalier intérieur et des grilles armoriées.
Le château connaît un déclin au XIXe siècle, sauvé in extremis par l’écrivain Pierre Loti, séduit par ses ruines qu’il surnomme le « château de La Belle au bois dormant ». Son appel dans Le Figaro (1908) permet à Paul Chénereau de racheter le domaine en 1920 et d’entreprendre une restauration majeure : reconstruction des jardins sur pilotis (1976–2000) pour contrer l’affaissement dû aux marais, restauration du cabinet des peintures, et création d’une chapelle et d’un théâtre dans les dépendances. Classé Monument Historique en 1946, le château rouvre après-guerre et propose aujourd’hui des visites, des événements culturels et un parcours préhistorique (PréhistoZen) mettant en valeur son riche passé.
Les jardins, labellisés « Jardin remarquable » depuis 2004, illustrent l’ingéniosité de leur reconstruction sur 2 500 pieux enfoncés à 13 mètres de profondeur. Ils mêlent parterres géométriques, pièce d’eau, et embarcadère, tandis que le musée de Préhistoire dans la tour porche expose des artefacts des époques moustérienne, aurignacienne et magdalénienne, dont une plaquette gravée découverte en 2007. La tempête Martin (1999) dévaste 90 hectares de la forêt environnante, entraînant une campagne de replantation soutenue par les pouvoirs publics et l’association AMICOUR.
L’histoire du château est aussi marquée par des propriétaires influents, comme Jean-Baptiste Mac Nemara, dont la fortune issue des plantations esclavagistes de Saint-Domingue permet l’acquisition du domaine en 1756. La Révolution épargne le château grâce à la non-émigration du marquis, mais il est vendu aux enchères en 1817. Au XXe siècle, les spectacles « Son et Lumière » initiés par Paul Chénereau dans les années 1960, avec des acteurs de la Comédie Française, renforcent son rayonnement culturel. Aujourd’hui, le domaine allie patrimoine historique, activités touristiques (escape game, fêtes médiévales) et préservation écologique.