Origine et histoire du Château de la Roche du Roi
Le château de la Roche du Roi, situé à Aix-les-Bains en Savoie, fut construit entre 1897 et 1900 par l'architecte Jules Pin (aîné) pour Jean Archiprêtre-Dugit, gérant d'un hôtel et administrateur du casino local. Le chantier, confié à l'entreprise Léon Grosse, coûta 496 000 francs de l'époque. Le style architectural, unique, combine influences baroques, Renaissance et Art nouveau, avec une façade en pierre calcaire de Lens et des décors sculptés variés. Le château fut initialement nommé villa de la Roche du Roi, mais l'usage populaire lui attribua le titre de château.
Classé Monument historique en 1986 après une tentative d'achat et de démontage par un étranger en 1982, le château connut une période de déclin à partir de 1998 sous la propriété d'Eberhardt Zerrweck. Abandonné, squatté et endommagé par une tempête en 2003, il fit l'objet d'un arrêté de péril. En 2007, une procédure d'expropriation fut lancée contre le propriétaire, refusant toute rénovation. Après une bataille judiciaire, la ville d'Aix-les-Bains l'acquit en 2015 pour 485 000 €, avant de le revendre à un industriel, Pedro Victor Asensio-Pagan, qui entreprit des travaux de restauration à partir de 2016.
Le château se distingue par son donjon central coiffé d'une flèche polygonale, ses terrasses soutenues par des voûtes en plein cintre, et un escalier d'honneur en fer forgé de style Art nouveau. Les intérieurs, autrefois richement décorés de lambris, stucs et mosaïques, ont été en grande partie vandalisés. Le domaine inclut un jardin à l'abandon, un bassin et une pergola, témoins de son faste passé. Aujourd’hui, le projet vise à en faire un centre culturel privé, marquant une possible renaissance pour ce joyau architectural savoyard.
Le château fut commandité par Jean Archiprêtre-Dugit, figure locale liée à l’hôtellerie et aux casinos d’Aix-les-Bains, un secteur économique florissant à la Belle Époque. Revendu rapidement à Henri Bloch et Adolphe Levy, il changea plusieurs fois de mains au XXe siècle. Gilbert Duranton, propriétaire dans les années 1960, tenta sans succès d’y installer une discothèque. Son histoire reflète les aléas de la préservation du patrimoine face aux enjeux économiques et aux négligences humaines.
Les éléments protégés depuis 1986 incluent les façades, toitures, terrasses, l’escalier avec sa rampe en fer forgé, ainsi que des salles intérieures et leurs décors. La construction utilisa des matériaux locaux comme la pierre calcaire de Lens pour les parements et celle de Villebois pour les soubassements. Le site, en forte pente, nécessita d’imposants travaux de terrassement, dont une plateforme semi-circulaire soutenue par des voûtes, partiellement remblayée avec les décombres de l’ancien théâtre du Cercle.