Patrimoine classé
Le château, à savoir le logis pour ses façades et toitures, ses terrasses attenantes avec leurs perrons et escaliers, son salon lambrissé situé à droite de l'entrée, son grand hall de réception sur deux niveaux situé à l'arrière ; les dépendances situées au nord pour leurs façades et toitures et leur cour ; les dépendances situées au sud pour leurs façades et toitures ; les anciens chenils pour leurs façades et toitures et leur enclos ; l'avenue ouest conduisant ua château ; la cour d'entrée avec son bassin circulaire, ses allées et ses murs ; la parcelle située au nord et à l'est du logis, avec sa glacière ; les parcelles formant terrasse au sud du logis, avec leurs murs ; la chapelle pour ses façades et toitures (cad. B 1210, 1211, 1213, 1214, 1218, 1219, 1124, 1482 ; ZH 26 à 28, 36p ; ZI 169) : inscription par arrêté du 27 octobre 2014
Personnages clés
| Catherine de Rougé - Propriétaire en 1685 |
Épouse du maréchal de Créquy |
| Charles Jean Locquet de Grandville - Négociant et armateur |
Reconstruit château de Grand-Fougeray |
| Guy de Lavau - Fermier général du prince |
Acquiert la seigneurie en 1700 |
| Prince de Condé - Seigneur de Châteaubriant |
Cède la seigneurie à Lavau |
Origine et histoire du Château de La Roche Giffard
Le château de La Roche-Giffard, situé dans la commune de Saint-Sulpice-des-Landes (Ille-et-Vilaine), est un monument dont l’origine médiévale remonte au XIIIe siècle. Il fut successivement détenu par les familles Giffart, de La Lande, et de La Chapelle, avant d’être acquis en 1685 par Catherine de Rougé, épouse du maréchal de Créquy. Au XVIIIe siècle, le domaine passe entre les mains de Charles Jean Locquet de Grandville, négociant malouin, puis de Guy de Lavau, fermier général du prince de Condé. Ces changements de propriétaires marquent une période de transformations architecturales et féodales pour le site.
L’édifice actuel, construit en deux campagnes au XIXe siècle, adopte un style néo-XVIIe. La première phase érige un corps central rectangulaire, complété entre 1876 et 1880 par une aile arrière. Le château, de plan en H, se distingue par ses quatre pavillons en saillie, son hall de réception orné de peintures murales, et un salon lambrissé. Il est inscrit aux monuments historiques en 2014 pour ses façades, toitures, et éléments intérieurs remarquables, ainsi que pour ses dépendances et son parc paysager.
Le domaine s’inscrit dans un cadre naturel marqué, à l’orée de la forêt de Teillay et en bordure de l’Aron, fleuve délimitant l’Ille-et-Vilaine et la Loire-Atlantique. Cette localisation frontalière entre Bretagne et Pays de la Loire reflète son histoire liée aux échanges entre ces territoires. Les éléments protégés incluent également une chapelle, des chenils, une glacière, et une cour d’entrée avec bassin circulaire, témoignant de l’importance patrimoniale et paysagère du site.
Avant sa reconstruction au XIXe siècle, le château était un site féodal stratégique, comme en attestent ses anciens propriétaires, dont les familles nobles bretonnes et les figures liées à la cour du prince de Condé. La transformation en résidence néo-classique au XIXe siècle illustre l’évolution des goûts architecturaux de l’aristocratie et de la bourgeoisie montante, tout en conservant des traces de son passé médiéval.
L’inscription aux monuments historiques en 2014 souligne la valeur patrimoniale du château, tant pour son architecture que pour son histoire. Les protections couvrent non seulement le logis et ses décors intérieurs (lambris, peintures, capitonnage de soie), mais aussi les abords paysagers et les bâtiments annexes, offrant un ensemble cohérent et représentatif des résidences seigneuriales remaniées à l’époque moderne.