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Château de La Roche-Guéhennec en Côtes-d'Armor

Château de La Roche-Guéhennec

    40 Rue du Port
    22530 Mûr-de-Bretagne

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1377
Vente à Jehan du Fou
XIIIe–XIVe siècle
Construction initiale
8 avril 1655
Siège du château
1782
Dernière peine capitale
1815
Rachat post-Révolution
XXe–XXIe siècle
Restauration et événements
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Jehan du Fou - Baron de Pirmil Acheteur du château en 1377.
Hervé du Fou - Seigneur et défenseur Mort en 1655 pendant le siège.
François-Louis de Rançonnet - Comte de Noyan Propriétaire confirmé par arrêt en 1682.
Henri de Bourbon-Malauze - Dernier héritier direct Transmet le château aux Rançonnet.
Louis de Rançonnet - Reconstituteur de la seigneurie Rachète Launay-Mûr au XVIIIe siècle.

Origine et histoire

Le château de La Roche-Guéhennec, dit aussi manoir de la Roche, est une forteresse médiévale édifiée entre les XIIIe et XVe siècles sur l’ancienne commune de Mûr-de-Bretagne (aujourd’hui Guerlédan, Côtes-d’Armor). Issu du démembrement de la seigneurie de Mûr au XIIe siècle, il devint le siège d’un fief doté de haute et basse justice, contrôlant la vallée du Poulancre. Reconstruit au début du XVe siècle et modifié après le siège de 1655, il conserve des éléments défensifs et une salle seigneuriale aux dimensions exceptionnelles (128 m2), caractéristique des premiers manoirs bretons.

Fondé par les vicomtes de Poher, le château passa entre les mains de familles nobles bretonnes, dont les du Fou (à partir de 1377), les Kerveno, puis les Bourbon-Malauze. En 1655, il fut assiégé par Monsieur du Roscouët, causant un mort et quatre blessés. Au XVIIe siècle, les Rançonnet, comtes de Noyan, y ajoutèrent un pavillon et consolidèrent la seigneurie, qui conservait le droit de prononcer des peines capitales (un condamné fut exécuté à Rennes en 1782). La Révolution dispersa ses terres, rachetées en 1815 par Luc François Le Cerf.

L’architecture mêle granite et schiste, avec une tour polygonale abritant un escalier en vis de saint Gilles, des graffitis datés (1614–1701), et une cheminée monumentale typique des manoirs bretons avant 1430. La grande salle, aux solives de chêne datées par dendrochronologie (1429–1449), impressionne par ses proportions (16 m de long, 8 m de large, 5 m de haut), dépassant largement les standards de l’époque. Le site inclut aussi écuries, grange, et un judas défensif à 3 mètres de hauteur.

Au XIXe siècle, le château échoit aux Euzenou de Kersalaün, puis aux Guillo-Lohan et Collin de la Bellière. Aujourd’hui propriété de la famille Colon de Franciosi, il est en restauration et accueille des événements culturels, comme le fest-noz annuel du premier samedi d’août et le festival Sons en Bretagne. Son histoire judiciaire, ses seigneurs tumultueux (comme Hervé du Fou, mort en 1655), et son rôle dans la noblesse bretonne en font un témoin clé du patrimoine féodal local.

Les archives mentionnent son tribunal seigneurial, capable de condamner à mort, et son lien avec la seigneurie de Launay-Mûr, dont il éclipse aujourd’hui les vestiges. Les registres paroissiaux et les actes notariés (comme la vente de 1377 pour 100 francs d’or) documentent son évolution, des vicomtes de Poher aux Rançonnet, en passant par les alliances matrimoniales qui scellèrent son destin. La dendrochronologie et les blasons sculptés sur les solives confirment son origine médiévale, entre 1250 et 1350.

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