Origine et histoire du Château de la Roche-Jagu
Le château de la Roche-Jagu est une maison-forte édifiée à la fin du Moyen Âge, vers le XVe siècle, sur un promontoire rocheux dominant la rive gauche du Trieux. Sa position stratégique permettait de surveiller le fleuve et ses alentours. La façade côté rivière, dotée d’un chemin de ronde, reflète son rôle défensif initial. Le logis, composé d’un seul corps de bâtiment, conserve des éléments médiévaux comme une porte surmontée d’une niche et des fenêtres à meneaux au premier étage. À l’intérieur, seule la cuisine et une salle avec une cheminée du début du XVe siècle subsistent en état d’origine.
Le château a connu plusieurs propriétaires marquants. Roland Péan, chevalier banneret et seigneur des lieux, meurt après 1451. Son fils, Pierre Péan, périt en 1488 à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier. La fille de ce dernier, Françoise Péan, épouse en 1494 Guillaume d’Acigné, dont les descendants, Jacques et Louis d’Acigné, héritent du domaine. En 1773, le maréchal de Richelieu cède le château à Mme Le Gonidec de Tressan. En 1958, le vicomte Gaëtan d’Ales lègue le site à l’État, avant qu’il ne devienne propriété du Conseil départemental des Côtes-d’Armor, qui en assure aujourd’hui la gestion.
Classé Monument historique en 1930 (pour le château) puis en 1969 (pour le portail, les pavillons et le mur d’enceinte), le domaine abrite des expositions temporaires et des jardins contemporains inspirés du Moyen Âge, conçus par l’architecte-paysagiste Bertrand Paulet. Ces jardins, labellisés Jardin remarquable (2005) et EcoJardin (2017), s’étendent sur 64 hectares et intègrent un potager médiéval, un bouquetier, et une collection de 350 variétés de camélias. Le parc, ravagé par une tempête en 1987, a été restauré pour préserver sa biodiversité.
Le château, vide de mobilier, accueille des événements culturels (concerts, spectacles) et des ateliers nature. Son parc, en accès libre, offre un point de vue sur l’estuaire du Trieux et abrite des œuvres d’art contemporain, comme les sculptures en fer forgé de Marc Didou et Voyage Intérieur de Béatrice Coron, installée dans le jardin seigneurial. Le site allie ainsi patrimoine historique, art et écologie.