Frise chronologique
1405
Première mention du fief
Première mention du fief
1405 (≈ 1405)
Appartenait à Hardouin des Fontaines avant alliance.
1634–1636
Construction du château actuel
Construction du château actuel
1634–1636 (≈ 1635)
Commandé par Honorat de Bueil de Racan.
1745
Vente à Michel-Roland des Escotais
Vente à Michel-Roland des Escotais
1745 (≈ 1745)
Fin de la propriété familiale de Bueil.
1794 (Rvolution)
Destruction partielle
Destruction partielle
1794 (Rvolution) (≈ 1794)
Pavillon est et corps central détruits.
1947
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1947 (≈ 1947)
Protection du pavillon ouest et vestiges.
1963
Acquisition par Marcel Brakers de Hugo
Acquisition par Marcel Brakers de Hugo
1963 (≈ 1963)
Début de la préservation moderne.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le pavillon de l'aile gauche, son soubassement et sa tourelle octogonale ; les restes du pavillon de l'aile gauche (escalier de l'ancienne chapelle et ses murs) : inscription par arrêté du 6 mars 1947
Personnages clés
| Honorat de Bueil de Racan - Poète et académicien, commanditaire |
Ordonna la construction en 1636. |
| Jacques II Gabriel - Architecte du château |
Fonda une lignée d’architectes royaux. |
| Michel-Roland des Escotais - Acquéreur en 1745 |
Transforma le domaine en comté. |
| Alphonse Huet - Propriétaire (1845–1875) |
Restaura parc et bâtiments. |
| Charles Mourain de Sourdeval - Homme de lettres |
Auteur d’un ouvrage sur le château. |
Origine et histoire
Le château de la Roche Racan, situé à Saint-Paterne-Racan (Indre-et-Loire), fut construit au 2e quart du XVIIe siècle (1636) sous l’impulsion d’Honorat de Bueil de Racan, poète et académicien. À l’origine nommé La Roche-au-Majeur, il symbolisait le siège de la prévôté d’Oë, un fief connu depuis le XIVe siècle. Le domaine resta dans la famille de Bueil jusqu’en 1745, date à laquelle il fut vendu à Michel-Roland des Escotais, devenant alors le centre d’un comté. L’architecte Jacques II Gabriel, installé sur place jusqu’à sa mort, conçut un édifice composé de deux pavillons reliés par un bâtiment transversal, dont seule subsiste aujourd’hui la partie ouest après les destructions révolutionnaires.
La Révolution française marqua un tournant : le château, confisqué comme bien national, perdit une grande partie de sa structure. Le pavillon est, incluant la chapelle accessible par un escalier en fer à cheval, ainsi que les deux tiers du corps central, disparurent. Au XIXe siècle, des modifications furent apportées, comme la création d’une terrasse en 1880 sur les vestiges de l’ancien château, ou l’ajout d’un jardin d’hiver en 1896. Le site, propriété privée depuis 1963, est partiellement classé Monument Historique depuis 1947 et se visite l’été ou sur rendez-vous.
L’histoire du château est intimement liée à des figures culturelles et architecturales majeures. Honorat de Bueil de Racan, commanditaire des lieux, y vécut et inspira des générations d’architectes, dont la lignée des Gabriel, impliqués plus tard dans des projets royaux comme Versailles ou la place de la Concorde. Charles Mourain de Sourdeval, homme de lettres du XIXe siècle, lui consacra un ouvrage, tandis que des propriétaires successifs, comme Alphonse Huet (1845–1875), restaurèrent le parc et les bâtiments. Aujourd’hui, le pavillon ouest, orné d’une tourelle polygonale et de lucarnes sculptées, témoigne de ce passé prestigieux.
Le fief de la Roche-au-Majeur, mentionné dès 1405, passa par alliance à la famille de Bueil avant d’être transformé en château moderne. Les vestiges du XVIIe siècle incluent des éléments défensifs comme le soubassement de la tour polygonale, tandis que des aménagements ultérieurs (serre, logis, bélier hydraulique) reflètent les adaptations aux besoins des époques. Le site, marqué par des phases de déclin (ruine des communs en 1860) et de renaissance (restauration par Marcel Brakers de Hugo depuis 1963), illustre l’évolution des châteaux de Touraine entre résidence seigneuriale et patrimoine préservé.