Origine et histoire du Château de la Rochelambert
Le château de la Roche-Lambert, édifié au XIe siècle, est bâti contre une coulée de basalte sur la commune de Saint-Paulien (Haute-Loire) et dominait autrefois la voie très fréquentée qui longeait la rive opposée de la Borne. Il se situe dans la vallée de la Borne, près du hameau de Marcilhac, à 2 km au sud-ouest de Saint-Paulien et à 11 km au nord-ouest du Puy-en-Velay ; le tracé de cette ancienne voie est aujourd’hui repris par la D25. Plusieurs sources l’ont rapprochée de la route de Saint-Jacques-de-Compostelle, mais le château contrôlait en réalité la voie dite de la Bolène, qui traverse Saint-Paulien et passe par Saint-Jean-Lachalm, où une borne marque la 16e lieue depuis Saint-Paulien. La première mention de la famille de la Roche-Lambert figure en 1074 ; le premier seigneur connu, Pierre de la Roche-Lambert, apparaît dans un acte de 1164, et la filiation suivie débute en 1274. La fonction première du château était le contrôle de cette voie de communication. Le 11 août 1562, le sieur de Blacons, lieutenant du baron des Adrets et chef protestant en Dauphiné, tenta de prendre la place ; à la tête d’une troupe d’environ 800 hommes, il avait peu avant pris La Chaise-Dieu et Saint-Paulien et ravagé les environs du Puy. L’attaque causa une destruction partielle du château ; un récit contemporain et anonyme, retrouvé dans les papiers du domaine et écrit par un témoin, en rend compte. Hélène de Lestrange, épouse de François de La Roche-Lambert, fit reconstruire le château après ces dégâts ; elle est décédée en 1614 et inhumée au cimetière de Saint-Paulien. Le château resta la propriété de la famille de La Roche-Lambert jusqu’en 1922, quand la fille de Marie Auguste Aimé de La Roche-Lambert le vendit à un marchand de biens, entraînant la dispersion du mobilier et des collections ; M. Bresset, antiquaire, racheta la demeure en 1939 et y exposa sa collection d’art médiéval ; son petit-fils en est le propriétaire actuel. Le château a été classé monument historique le 31 janvier 1945. Architectoniquement, il s’appuie sur la paroi basaltique, visible dans certaines salles ; les fondations datent du XIIe siècle, la barbacane de la tour sud du XIIIe siècle, et les mâchicoulis ainsi que les corps de bâtiment autour de la tour octogonale du XIVe siècle. Le château médiéval comprenait plusieurs tours, un rempart avec chemin de ronde et un pont-levis ; ce dernier fut restauré par François et Hélène vers 1580 puis comblé en 1604 lorsque la marquise fit édifier l’escalier monumental. La porte d’entrée porte les armes familiales, « d’argent au chevron d’azur, au chef de gueules ». George Sand visita le château le 14 juin 1859, s’en inspira pour son roman Jean de la Roche écrit le mois suivant et a décrit son aspect singulier, sa faible profondeur et son intégration au rocher. La façade et le grand escalier ont servi de modèles pour les décors reconstitués du film La Belle et la Bête de Jean Cocteau (1946), et le feuilleton La Belle et son fantôme de Bernard Hecht (1962) y fut en grande partie tourné. Aujourd’hui le château est ouvert au public ; des visites guidées d’environ une heure sont proposées autour de thèmes variés tels que l’alimentation au Moyen Âge, le volcanisme, les plantes médicinales et les oiseaux.