Origine et histoire
Le château de la Rochelambert, situé à Saint-Paulien en Haute-Loire, est une forteresse médiévale du XIe siècle, construite sur une coulée de basalte issue d’un ancien volcan. Son emplacement stratégique lui permettait de surveiller une voie majeure traversant la vallée de la Borne, souvent associée à tort à un chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. En réalité, il contrôlait la voie Bolène, un axe historique reliant Lyon à l’Aquitaine via Saint-Paulien, comme en témoigne une borne milliaire découverte à proximité.
La première mention de la famille seigneuriale remonte à 1074, avec Pierre de la Rochelambert, cité en 1164 comme propriétaire des lieux. Le château, partiellement détruit en 1562 lors d’une attaque protestante menée par le sieur de Blacons (lieutenant du baron des Adrets), fut reconstruit au début du XVIIe siècle par Hélène de Lestrange, épouse de François de la Rochelambert. Cette dernière y ajouta un escalier monumental en 1604, remplaçant l’ancien pont-levis. Les armes familiales, « d’argent au chevron d’azur, au chef de gueules », ornent toujours la porte d’entrée.
Classé monument historique en 1945, le château a appartenu à la même lignée jusqu’en 1922, avant d’être vendu à un antiquaire, M. Bresset, en 1939. Ce dernier y installa une collection d’art médiéval, toujours visible aujourd’hui. L’écrivaine George Sand, inspirée par le site lors de sa visite en 1859, y situa son roman Jean de la Roche. Le château servit aussi de décor pour La Belle et la Bête de Jean Cocteau (1946), dont la façade et le grand escalier furent reconstitués en studio.
Architecturalement, le château mêle des éléments des XIIe (fondations), XIIIe (barbacanes), et XIVe siècles (mâchicoulis, corps de bâtiment). Adossé à la falaise, il se distingue par sa faible profondeur, comme le nota George Sand : « un vrai bijou d’architecture [...] invraisemblable ». Les visites actuelles explorent des thèmes variés, du volcanisme aux plantes médicinales, reflétant son ancrage dans l’histoire locale.
La chronique anonyme du XVIe siècle, découverte dans les archives du château, décrit l’attaque de 1562 : les protestants, après avoir pillé Le Puy et Saint-Paulien, assiégèrent la forteresse, causant des dégâts majeurs. Ce récit offre un témoignage rare sur l’aspect médiéval aujourd’hui disparu, incluant tours, remparts, et pont-levis. La reconstruction ultérieure par Hélène de Lestrange marqua la transition vers une demeure plus résidentielle, tout en conservant des éléments défensifs.