Frise chronologique
1310
Première mention du fief d'Ozignac
Première mention du fief d'Ozignac
1310 (≈ 1310)
Vente par Geoffroy Tison à Pierre Estève
1681
Description de l'ancien logis
Description de l'ancien logis
1681 (≈ 1681)
Maison couverte d'ardoises et de tuiles
vers 1720
Reconstruction du château
Reconstruction du château
vers 1720 (≈ 1720)
Par Charles-Louis-Henri Bouchard d'Esparbès de Lussan
1790
Vente révolutionnaire
Vente révolutionnaire
1790 (≈ 1790)
Acquis par Griffon de Romagné, député
1985
Incendie dévastateur
Incendie dévastateur
1985 (≈ 1985)
Destruction partielle du château
12 mars 1990
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
12 mars 1990 (≈ 1990)
Façades, toitures, fossés et balustres protégés
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures du château, fossés avec leurs balustrades et leurs ponts ; façades et toitures des deux pavillons à l'entrée ainsi que les vestiges du portail d'entrée (cad. C 139, 143, 144, 147 à 149) : inscription par arrêté du 12 mars 1990
Personnages clés
| Geoffroy Tison - Ancien propriétaire du fief |
Vend Ozignac en 1310 |
| Jeanne du Lyon - Dame de Potonville |
Propriétaire au XVIIe siècle |
| Charles-Louis-Henri Bouchard d'Esparbès de Lussan (1682-1740) - Commanditaire de la reconstruction |
Fait bâtir le château actuel vers 1720 |
| Henri Joseph Bouchard d'Esparbès de Lussan (1714-1788) - Maréchal de France |
Hérite du château en 1740 |
| Pierre-Étienne-Lazare Griffon de Romagné (1723-1795) - Député du tiers état |
Acheteur du château en 1791 |
Origine et histoire
Le château de la Salle, situé dans la plaine au nord de Gémozac en Charente-Maritime, trouve ses origines dans le fief médiéval d'Ozignac, mentionné dès 1310 lors de sa vente par Geoffroy Tison à Pierre Estève. Ce fief, successivement détenu par les familles Fabry, Beaumont, et Coucis, devient au XVIIe siècle le logis noble de La Salle, propriété de Jeanne du Lyon, dame de Potonville, après son mariage avec Jean de Rivery. Son petit-fils, Louis Bouchard, puis sa fille Henriette-Dorothée Bouchard d'Aubeterre, perpétuent la lignée des propriétaires jusqu'au début du XVIIIe siècle.
Vers 1720, Charles-Louis-Henri Bouchard d'Esparbès de Lussan (1682-1740), page du roi, entreprend la reconstruction complète de l'ancien logis, décrit en 1681 comme une simple maison couverte d'ardoises et de tuiles, pour le moderniser selon les canons classiques de l'époque. Le nouvel édifice, érigé en un seul jet, se distingue par sa symétrie, ses fossés taillés dans le roc, et ses balustres carrées, reflétant le prestige d'une famille noble saintongeaise. Le château passe ensuite à son fils, Henri Joseph Bouchard d'Esparbès de Lussan (1714-1788), futur maréchal de France, puis par alliance aux Bourdeilles.
La Révolution marque un tournant : vendu en 1791 à Pierre-Étienne-Lazare Griffon de Romagné, député du tiers état, le château est ensuite morcelé en 1828 après sa transmission à des héritiers en difficulté. Classé partiellement aux monuments historiques en 1990, il subit un incendie dévastateur en 1985, détruisant une aile et un pavillon d'entrée. Malgré ces vicissitudes, les façades, toitures, fossés et balustres protégés témoignent encore de son faste passé.
Architecturalement, le château de la Salle illustre le classicisme sobre des années 1720-1730, avec un plan en U, un corps de logis encadré d'ailes symétriques, et une façade sud-ouest rythmée par un pont-perron à trois arches. Les détails comme les chaînes harpées, les linteaux en arc segmentaire et les tuiles canal rappellent ceux du château de Mons à Royan, construit dans la même période. L'ancienne cuisine voûtée et les vestiges du portail d'entrée complètent ce patrimoine, aujourd'hui partiellement en ruines mais toujours emblématique de la Saintonge.
Les archives révèlent que sa construction fut motivée par la volonté de Charles-Louis-Henri Bouchard d'Esparbès de Lussan de mettre [le logis] dans le goût nouveau et de lui donner le brillant convenable à une terre possédée par un homme de sa naissance. Un factum judiciaire du XVIIIe siècle confirme cette ambition, décrivant les travaux comme une rupture avec l'austérité du logis médiéval initial.