Frise chronologique
1205
Concession royale à Jean de Staples
Concession royale à Jean de Staples
1205 (≈ 1205)
Jean sans Terre cède les droits sur le Ciron.
1207
Construction du moulin
Construction du moulin
1207 (≈ 1207)
Moulin à blé adjacent au noyau seigneurial.
fin XVe siècle
Reconstruction par Pierre Lézat
Reconstruction par Pierre Lézat
fin XVe siècle (≈ 1595)
Logis et tour polygonale édifiés.
années 1970
Fin de la fabrique d’eau de javel
Fin de la fabrique d’eau de javel
années 1970 (≈ 1970)
Arrêt de l’activité industrielle du moulin.
1988
Classement monument historique
Classement monument historique
1988 (≈ 1988)
Protection des façades et toitures.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et toitures (à l'exclusion de l'aile Sud-Est du XIXe siècle), et la cheminée de pierre au rez-de-chaussée de l'aile Nord-Ouest (cad. C 386) : inscription par arrêté du 29 février 1988
Personnages clés
| Jean de Staples - Seigneur de La Salle |
Bénéficiaire du fief en 1205. |
| Jean sans Terre - Roi d’Angleterre (1199-1216) |
Cède les droits sur le Ciron. |
| Pierre Lézat - Reconstructeur du château |
Rebâtit le logis fin XVe-début XVIe. |
| Léo Drouyn - Archéologue et dessinateur |
Documente le château au XIXe siècle. |
Origine et histoire
Le château de La Salle, situé à Pujols-sur-Ciron en bordure du Ciron (affluent de la Garonne), trouve ses origines avant le XIIIe siècle, bien que ses soubassements actuels ne remontent pas au-delà du XIVe siècle. Le fief est mentionné dès 1205, lorsque Jean de Staples – seigneur « de La Salle » – reçoit du roi d’Angleterre Jean sans Terre les droits sur le cours du Ciron, de Budos à son embouchure. Il y fait construire un moulin à blé près d’une « maison noble », noyau initial du futur château. Ce moulin, daté de 1207, évoluera ultérieurement en scierie, centrale électrique, puis fabrique d’eau de javel (active jusqu’aux années 1970).
La « maison noble » subit des transformations majeures pour devenir un « petit château » à la fin du XVe siècle, selon les observations de l’archéologue Léo Drouyn. L’édifice adopte alors un plan rectangulaire allongé (barlong), avec des murs à portes ogivales hérités du XIVe siècle. Ruiné en 1479, il est reconstruit par Pierre Lézat à la charnière des XVe et XVIe siècles, adoptant un modèle régional typique : un logis principal flanqué d’une tour polygonale abritant un escalier à vis. Une porte sud-ouest, intégrée à un pavillon accolé, et deux ailes (l’une du XVIe-XVIIe siècle, l’autre du XIXe) complètent l’ensemble.
Le château, propriété de la famille Williams de 1820 à 1967, est restauré au XIXe siècle après la destruction de ses éléments défensifs. Classé monument historique en 1988 pour ses façades, toitures (hors aile sud-est) et une cheminée de pierre, il illustre l’évolution d’une maison forte médiévale en résidence seigneuriale. Ses dépendances, dont le moulin, témoignent des activités économiques liées au Ciron, de la meunerie à l’industrie chimique. L’édifice mêle ainsi héritage féodal, adaptations Renaissance et traces d’une modernisation industrielle locale.