Origine et histoire du Château de la Sauvagère
Le château de la Sauvagère, situé à Chemiré-le-Gaudin dans la Sarthe, est partiellement inscrit au titre des monuments historiques. Ses origines remontent au XIIIe siècle lorsque Nicolas du Désert, avec l’accord de Johan de Bellefille, s’installe sur le coteau de la rive gauche du Renom et y élève une modeste maison de campagne en terre battue à un étage. Les descendants, notamment Guillaume du Désert, ajoutent une pièce et une tour de garde. Au XVe siècle, la maison devient un logis seigneurial doté d’un vaste grenier au deuxième étage, d’une cave voûtée, d’un souterrain et d’une chapelle oratoire communiquant avec une chambre; il existe peut-être alors une aile au sud-est ouverte sur un seul niveau. Au XVIe siècle, Charles Le Vayer, avocat au Présidial du Mans, acquiert le logis et, avec ses fils François et Pierre, réalise d’importantes extensions : le logis est élargi pour rejoindre la tour de garde, un escalier droit à l’italienne en bois est créé pour desservir les deux étages, et le grenier est transformé en logements équipés de cheminées. Le couloir traversant du rez-de-chaussée reçoit deux portes cloutées d’entrée à double battants; la chapelle est déplacée pour former une tour d’entrée défendue. Des communs sont édifiés dans l’avant-cour et un imposant portail décoré, identique aux portes du logis, est construit ; la culture de la vigne se développe alors sur les coteaux environnants. Le petit-fils, Denis Le Vayer, épouse en 1642 Élisabeth de La Rivière; après la période de la Fronde, durant laquelle le couple s’était établi à Paris et avait vidé le château de ses meubles, ils font aménager l’aile nord-ouest pour loger le personnel viticole et modernisent lucarnes et cheminées dans un goût baroque. Les bâtiments actuels ont peu évolué depuis le XVIIe siècle. Les ruines du « vieux château » au sud-est de la cour d’honneur, datant du XVe siècle, sont supprimées au XIXe siècle; au nord-est est alors créée une vaste allée du Mans, large d’environ vingt mètres et longue d’environ trois cents mètres, bordée d’arbres de haute tige pour relier le portail à la route du Mans, allée qui est détruite au milieu du XXe siècle. Le portail d’entrée, daté des XVIe et XVIIe siècles, est inscrit au titre des monuments historiques depuis le 17 février 1928. Par un jugement du 24 mars 2021, la Première Chambre du Tribunal judiciaire du Mans a reconnu l’existence d’une servitude de passage sur un chemin carrossable permettant au château de retrouver un accès par son entrée principale. Le château apparaît également dans le roman Trois générations autour d’un château de Jean‑François Coué, édité sur BoD et disponible à partir d’avril 2025. Les articles connexes traitent notamment des châteaux et des monuments historiques de la Sarthe ainsi que de la commune de Chemiré‑le‑Gaudin.