Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Château de la Sauvagère dans la Sarthe

Château de la Sauvagère


    Chemiré-le-Gaudin

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIIIe siècle
Origines du château
XVe siècle
Transformation en logis seigneurial
1642
Mariage de Denis Le Vayer
XVIe siècle
Extensions Renaissance
XVIIe siècle
Modernisation baroque
17 février 1928
Classement du portail
24 mars 2021
Jugement sur servitude
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Inscrit MH

Personnages clés

Nicolas du Désert - Fondateur du château Installe la première maison au XIIIe.
Guillaume du Désert - Descendant et bâtisseur Ajoute une tour de garde.
Charles Le Vayer - Avocat et propriétaire Entreprend extensions Renaissance au XVIe.
François Le Vayer - Lieutenant général du Maine Participe aux travaux du XVIe siècle.
Pierre Le Vayer - Membre du Parlement Collabore aux transformations du XVIe.
Denis Le Vayer - Parlementaire de Paris Modernise le château au XVIIe siècle.
Élisabeth de La Rivière - Épouse de Denis Le Vayer Fille d’un riche collecteur d’impôts.

Origine et histoire

Le château de la Sauvagère trouve ses racines au XIIIe siècle, lorsque Nicolas du Désert s’installe sur un coteau de la rive gauche du Renom, avec l’accord de Johan de Bellefille. À l’origine, il s’agit d’une modeste « maison de campagne » à un étage, construite sur terre battue. Ses descendants, dont Guillaume du Désert, agrandissent la demeure en ajoutant une pièce et une tour de garde. Ces premières transformations marquent le passage d’une simple habitation à une structure plus défensive, adaptée à l’époque médiévale.

Au XVe siècle, la maison évolue en un logis seigneurial complet : un vaste grenier au deuxième étage, une cave voûtée, un souterrain et une chapelle oratoire communicante avec la chambre seigneuriale sont aménagés. Une aile sud-est, probablement ouverte sur un niveau, complète l’ensemble. Ces ajouts reflètent l’ascension sociale de la famille et l’adaptation du bâtiment à des fonctions résidentielles et religieuses, typiques des demeures nobles de l’époque.

Le XVIe siècle marque un tournant avec l’acquisition du logis par Charles Le Vayer, avocat au Présidial du Mans. Avec ses fils François (lieutenant général du Maine) et Pierre (membre du Parlement), il entreprend d’importants travaux : le logis est doublé pour rejoindre la tour de garde, un escalier droit à l’italienne en bois est installé, et la chapelle est déplacée pour former une tour d’entrée défensive. Des communs et un portail monumental, aujourd’hui inscrit aux monuments historiques, sont construits dans l’avant-cour. Ces modifications illustrent l’influence de la Renaissance italienne et l’affirmation du statut social de la famille.

Au XVIIe siècle, Denis Le Vayer, petit-fils de Charles et membre du Parlement de Paris, épouse Élisabeth de La Rivière, fille d’un riche collecteur d’impôts. Après la Fronde, durant laquelle le château est vidé de ses meubles, le couple entreprend de nouveaux travaux : l’aile nord-ouest est développée pour loger le personnel vinicole, et les lucarnes ainsi que les cheminées sont modernisées dans un style baroque. Ces aménagements témoignent de l’adaptation du château à une exploitation agricole prospère, centrée sur la viticulture, et du goût aristocratique pour le confort et l’esthétique de l’époque.

Les bâtiments actuels conservent essentiellement leur apparence du XVIIe siècle. Au XIXe siècle, les ruines du « vieux château » datant du XVe siècle sont supprimées, tandis qu’une vaste allée bordée d’arbres, l’« allée du Mans », est créée pour relier le portail d’entrée à la route. Cette allée, détruite au XXe siècle, symbolisait l’ouverture du domaine sur l’extérieur. Le portail d’entrée, inscrit aux monuments historiques depuis 1928, reste un vestige remarquable de cette période.

En 2021, un jugement du Tribunal Judiciaire du Mans reconnaît une servitude de passage sur un chemin carrossable, permettant au château de retrouver un accès par son entrée principale, soulignant ainsi l’importance patrimoniale et historique du site. Ce jugement rappelle aussi le rôle juridique et social des châteaux, souvent au cœur de litiges fonciers et de droits d’usage séculaires.

Liens externes