Frise chronologique
1608
Construction de la chapelle
Construction de la chapelle
1608 (≈ 1608)
Chapelle saint Pierre, aspect gothique tardif.
1609
Consécration de la chapelle
Consécration de la chapelle
1609 (≈ 1609)
Par Mgr Larchiver, évêque de Rennes.
1756-1760
Reconstruction du logis
Reconstruction du logis
1756-1760 (≈ 1758)
Par Antoine Forestier pour Charles-François de la Celle.
1794-1795
Vente et rachat comme bien national
Vente et rachat comme bien national
1794-1795 (≈ 1795)
Racheté par Bénigne de la Celle en 1795.
1820-1830
Aménagements intérieurs
Aménagements intérieurs
1820-1830 (≈ 1825)
Lambris ajoutés par Bénigne de la Celle.
2004
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
2004 (≈ 2004)
Château, chapelle, jardin et allée protégés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le château et sa chapelle, ainsi que le jardin sud avec la terrasse talutée et l'allée dite Châteaubriand, placée dans l'axe de la cour nord, en totalité (cad. ZW 10, 5) : inscription par arrêté du 22 juillet 2004
Personnages clés
| Antoine Forestier dit le Jeune - Architecte |
Conçoit le logis en 1758. |
| Charles-François de la Celle - Commanditaire |
Conseiller au Parlement, fait reconstruire le château. |
| Bénigne de Chateaubriand - Propriétaire et mécène |
Rachète le domaine en 1795, aménage l’intérieur. |
| François-René de Chateaubriand - Écrivain |
Évoque le domaine dans ses *Mémoires*. |
| Pierre III de La Celle - Seigneur et donateur |
Commanditaire du retable de la chapelle (1610). |
Origine et histoire
Le château de la Sécardais, situé à Mézières-sur-Couesnon en Ille-et-Vilaine, est un édifice construit entre le 1er quart du XVIIe siècle et le 3e quart du XVIIIe siècle. Il se compose d’un corps de logis principal, de communs, et d’une chapelle datée de 1608, présentant une architecture mêlant influences gothiques et classiques. Le logis, conçu par l’architecte rennais Antoine Forestier dit le Jeune en 1758, arbore un toit à la Mansart orné d’un campanile et de hautes souches de cheminées. La chapelle, reconstruite en 1608 mais d’aspect gothique tardif, abrite une charpente sculptée du XVIIe siècle et des éléments de remploi des XVe et XVIe siècles.
Le château fut commandité par Charles-François de la Celle, conseiller au Parlement de Bretagne et époux de Bénigne de Chateaubriand, sœur de l’écrivain François-René. La construction, débutée en 1756 après la démolition du manoir primitif, fut achevée en 1760 pour un coût estimé à 36 000 livres. Bien que jamais entièrement terminé, le château accueillit souvent Chateaubriand, qui en évoqua les abords dans ses Mémoires d’Outre-Tombe. La propriété, vendue comme bien national en 1794, fut rachetée dès 1795 par Bénigne de la Celle.
La chapelle, dédiée à saint Pierre et consacrée en 1609, contient un retable de 1610 représentant l’Adoration des Mages, où figurent les donateurs Pierre III de La Celle et Françoise-Anne de Porcon. Le domaine, relevant autrefois du marquisat du Bordage, est resté dans la famille de la Celle, comtes de Châteaubourg depuis 1713. L’ensemble, inscrit aux monuments historiques depuis 2004, comprend également un jardin sud avec une terrasse talutée et une allée dite Chateaubriand, autrefois bordée de châtaigniers.
Les communs, réaménagés au XVIIIe siècle à partir de vestiges du manoir primitif, incluent d’anciennes écuries, une retraite à porcs et une menuiserie. Le bâtiment est du XIXe siècle remplace des communs en pierre et pans de bois. À l’intérieur, le logis conserve une distribution inchangée depuis le XVIIIe siècle, avec des lambris, des toiles marouflées et un escalier en bois à balustres carrées. La salle à manger, initialement non boisée, fut garnie de lambris vers 1820-1830 par Bénigne de la Celle.
Le parc du château, marqué par l’allée Chateaubriand où l’écrivain aimait se promener, s’étend au sud du logis. Cette allée, aujourd’hui replantée de chênes, menait autrefois à une route disparue. Le domaine, bien que partiellement inachevé (étage mansardé non aménagé), illustre l’évolution architecturale et sociale d’une maison noble bretonne, des guerres de Religion à la Révolution. Son inscription en 2004 protège l’ensemble bâti, la chapelle, le jardin et l’allée historique.