Origine et histoire du Château de la Sécardais
Le château de la Sécardais est situé à Mézières‑sur‑Couesnon (Ille‑et‑Vilaine), au nord‑est du département, sur une éminence d'environ 95 mètres, à l'ouest du bourg ; le sentier de grande randonnée GR39 passe au pied de la colline. La maison actuelle, construite sur plan rectangulaire d'après les dessins de l'ingénieur‑architecte Antoine Forestier dit le Jeune, a été édifiée à la fin des années 1750 : les plans sont approuvés le 21 janvier 1758 et les travaux, confiés à deux maçons de Mortain, s'achèvent en 1760. La façade principale est coiffée d'un toit à la Mansart, orné d'un campanile central et de hautes souches de cheminées latérales. L'ensemble des bâtiments s'organise autour d'une cour d'honneur ouverte vers le nord ; le corps de logis principal occupe le côté sud, d'anciennes dépendances datant d'aménagements antérieurs sont à l'ouest, et un bâtiment d'écurie du XIXe siècle, remplaçant des communs en pierre et pans de bois, se trouve à l'est. La chapelle Saint‑Pierre, élevée au nord‑est de la cour et datée de 1608, présente un aspect gothique et une voûte lambrissée avec des sablières moulurées et des entraits sculptés mêlant influences gothique et classique. La chapelle conserve un autel massif en granite dans lequel est incrustée la pierre d'autel contenant une relique ; une plaque de marbre indique qu'elle a été consacrée sous le patronage de saint Pierre le 16 mai 1609 par l'évêque de Rennes, Mgr Larchiver, et porte les écussons des familles La Celle et Porcon. Le retable, daté de 1610, représente l'Adoration des Mages où figurent Pierre III de La Celle et Françoise‑Anne de Porcon agenouillés, la donatrice portant son blason peint sur sa robe ; l'ensemble associe les donateurs et des figures saintes. La pierre d'autel renferme la relique d'une des légendaires « onze mille vierges ». Le domaine comprend également, au sud‑est de la maison, un jardin avec une terrasse talutée bordée de très vieux tilleuls ; en revanche, le colombier qui se trouvait au nord de la cour et le puits central ont disparu. Une avenue, aujourd'hui replantée de chênes et appelée avenue Chateaubriand, traverse le parc et se termine sur un champ ; autrefois bordée de châtaigniers, elle aboutissait à une autre allée perpendiculaire encore signalée au cadastre et qui devait se prolonger vers l'ancienne route. Le château a souvent accueilli François‑René de Chateaubriand, qui y rédigea une partie de ses Mémoires d'Outre‑Tombe et aimait se promener dans ces allées. La maison noble de la Sécardaye appartenait en 1430 à Jean de La Celle ; son fils fut gouverneur de la ville et du château de Saint‑Aubin‑du‑Cormier et le domaine dépendait du marquisat du Bordage en Ercé‑près‑Liffré. La famille de La Celle, devenue comtes de Châteaubourg en 1713, est restée propriétaire jusqu'à aujourd'hui. Charles‑François de La Celle, conseiller au Parlement de Bretagne et époux de Bénigne de Chateaubriand, fit démolir le manoir primitif en 1756 et commanda la nouvelle demeure à Forestier. Le coût de la construction est estimé à 36 000 livres ; les commanditaires résidant principalement au château de Plessis‑Pilet à Dourdain, La Sécardaye ne fut toutefois jamais entièrement achevée : à la mort de Charles‑François, dans les années 1770, l'étage mansardé restait en attente d'aménagement et la salle à manger n'était pas garnie de boiseries, que son épouse fit poser dans les années 1830. La propriété fut vendue comme bien national à la fin de 1794 puis rachetée par Bénigne en septembre 1795. Le château est inscrit au titre des monuments historiques depuis le 22 juillet 2004.