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Château de la Servairie dans l'Aveyron

Château de la Servairie

  • Mouret
  • 12330 Mouret
Lieudit, Mouret, 12330 Mouret, France

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
vers 1031
Première mention des Mouret
vers 1200
Construction de la tour primitive
1410
Attaque des Routiers
1570-1580
Transformations Renaissance
1652
Donation à François de Laroque
1993
Rachat par les Fabry
1995
Classement Monument Historique
2024
Tournage d'un documentaire-fiction
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Bertrand d’Entraygues - Coseigneur Présent à Mouret en 1292, lié à la tour.
Sylvie Campech - Archéologue Dirigea l’étude sur la coseigneurie (1998-2001).
François d’Entraygues - Dernier héritier Chanoine de Rodez, mort sans descendance.
Antoinette de Résigade de Cabanes - Héritière Transmit les biens aux Laroque en 1652.
Colette et Roger Fabry - Propriétaires-restaurateurs Sauvegardèrent le château depuis 1993.
Augustin Viatte - Réalisateur Tourne un documentaire en 2024 sur Marie Stuart.

Origine et histoire

Le château de la Servayrie, édifié en grès rouge sur un promontoire à Mouret (Aveyron), présente une architecture composite allant du XIIe au XVIIe siècle. Sa tour romane, intacte depuis le XIIe siècle, symbolise le pouvoir seigneurial par sa massivité et son unique porte surélevée. Ce château faisait partie de la coseigneurie de Mouret, un système de partage des revenus fonciers et droits banaux entre plusieurs familles nobles, étudié scientifiquement entre 1998 et 2001 sous la direction de Sylvie Campech.

L’histoire du château est liée à celle du castrum de Moret, mentionné dès le XIe siècle comme tête d’une coseigneurie réunissant quatre châteaux. La tour primitive, construite vers 1200 par la famille d’Entraygues, était une « tour-beffroi » ostentatoire et symbolique, inhabitable en permanence. Son deuxième niveau, une aula surélevée, incarnait le pouvoir par son élévation et son isolement. La famille de Mouret, attestée dès 1031, déclina après le XIIe siècle, laissant place aux Entraygues comme coseigneurs.

La guerre de Cent Ans marqua la région dès 1340, avec des attaques comme celle de 1410 par les Routiers, détruisant les niveaux supérieurs de la tour. Cette destruction engendra une reconstruction avec quatre étages supplémentaires, dotés d’un escalier en pierre et d’éléments de confort (circulation verticale améliorée, mâchicoulis). Au XVe siècle, le logis nord fut agrandi et surélevé, reflétant une adaptation aux besoins défensifs et résidentiels de l’époque.

Entre 1560 et 1774, le château connut des transformations paradoxales, adoptant avec 30 ans de retard le style de Serlio (années 1570-1580), tout en conservant son caractère médiéval. Une tour-escalier imposante et une échauguette carrée, ajoutées au XVIIe siècle, équilibrèrent la façade visible depuis la vallée. La lignée des Entraygues s’éteignit à la fin du XVIe siècle ; leurs biens passèrent aux Cabanes, puis aux Laroque de Sénézergues et enfin aux Cadrieu, qui unifièrent les seigneuries de Mouret en 1750.

Vendu pendant la Révolution, le château devint une copropriété horizontale au XXe siècle, chaque famille possédant un étage, ce qui entraîna son abandon progressif. Rachété en 1993 par Colette et Roger Fabry, il fut classé Monument Historique en 1995 et restauré pendant plus de dix ans. Depuis 2001, il est ouvert au public en été, et une partie est consacrée à des chambres d’hôtes de luxe depuis 2017. En 2024, il servira de décor à un documentaire-fiction sur Marie Stuart.

Le château illustre l’évolution architecturale rouergate, mêlant symboles médiévaux (tour-beffroi, mâchicoulis) et influences Renaissance tardives. Son histoire reflète aussi les dynamiques politiques régionales : passage du comté de Rodez à l’influence toulousaine (Raymond V, Raimond VII), puis à la couronne française après 1271. La coseigneurie de Mouret, étudiée par le Centre d’archéologie médiévale du Languedoc, en fait un témoignage rare des structures seigneuriales partagées en Occitanie.

Liens externes

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