Origine et histoire du Château de la Sône
Le château de la Sône est un ancien château fort du XIVe siècle, construit sur un piton rocheux dominant l’Isère et le village de La Sône, en Isère. À l’origine, le site abritait un oppidum gaulois, remplacé au Moyen Âge par une maison forte attestée dès 1210 dans des lettres patentes de l’empereur Othon IV. Ce premier édifice, lié à l’abbaye de Montmajour, fut agrandi et fortifié au XIVe siècle par Ardanchon de la Reffrairie, vassal du dauphin Humbert de Viennois. La position stratégique du site, contrôlant un pont romain et un chemin de halage, en fit un lieu convoité.
Au XVe siècle, le dauphin Louis (futur Louis XI) y séjourna lors de parties de chasse en forêt de Claix. Ravagé pendant les guerres de Religion au XVIe siècle, le château fut assiégé par Lesdiguieres avant d’être acquis en 1603 par Félicien de Boffin, avocat général au Parlement de Grenoble. Ce dernier entreprit d’importants travaux : reconstruction de la tour ouest, réaménagement du corps de logis, et création d’un parc à la française. La chapelle, ornée de peintures du XVIIe siècle, date de cette période faste où la famille Boffin conserva le domaine pendant près de deux siècles.
Au XIXe siècle, le château passa aux mains des Jubié, industriels de la soie, avant de changer plusieurs fois de propriétaires, dont le baron de Jarente (1875) et le docteur Collignon (1890). Au XXe siècle, Charles et Viola Morel (1952–1975) restaurèrent les toitures, les jardins et l’intérieur, accueillant des personnalités comme Françoise Sagan, inspirée par les lieux pour son roman Château en Suède. Depuis 2017, Clothilde Vermont mène des travaux de restauration majeurs, notamment sur le parc endommagé par une tempête en 2019. Le château, toujours privé, n’est pas ouvert au public.
L’architecture mêle une tour médiévale à mâchicoulis (XIVe siècle), un corps de logis Renaissance, et des aménagements du XIXe siècle. Le parc de 4 hectares, classé monument historique en 1995, abrite des essences rares (séquoias, ginkgo biloba) et un bassin Louis XIV. La chapelle, les façades et les toitures sont protégées depuis 1968. Aucune subvention publique n’a financé les restaurations récentes, réalisées grâce à des fonds privés.