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Château de la Sorinière à Chemillé en Maine-et-Loire

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château fort

Château de la Sorinière

    Château de la Sorinière
    49120 Chemillé-en-Anjou
Propriété de la commune
Château de la Sorinière
Château de la Sorinière
Crédit photo : Selbymay - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
0
100
1200
1600
1700
1800
1900
2000
26-27 janvier 1794
Exécution de Rosalie du Verdier et Marie de la Dive
1246
Première mention écrite
XVIe siècle
Construction par les du Verdier
24 janvier 1794
Incendie par les colonnes infernales
10 février 1794
Fusillade de Catherine et Marie-Louise du Verdier
16 février 1921
Classement de la chapelle
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Chapelle : classement par arrêté du 16 février 1921

Personnages clés

François du Verdier - Propriétaire au XVIIe siècle Hérite du château par mariage en 1669
Claude François du Verdier de la Sorinière - Président de l’Académie d’Angers Descendant illustre (1701-1784)
Rosalie du Verdier de la Sorinière - Bénédictine et martyre Guillotinée en 1794, canonisée en 1984
Marie de la Dive - Veuve du Verdier, martyre Exécutée avec sa belle-sœur en 1794
Henri du Verdier - Chef vendéen Guillotiné à Saumur en 1793
Jean-Louis Rochard - Unique survivant du massacre Enfant blessé lors de l’attaque de 1794

Origine et histoire

Le château de la Sorinière, situé à 2,1 km à l’est de Chemillé-en-Anjou (Maine-et-Loire), est l’un des plus anciens de la région. Construit au XVIe siècle par la famille du Verdier, il conserve des éléments médiévaux comme une tour, des douves, un pont-levis et une herse. Sa chapelle, classée monument historique en 1921, abrite des peintures murales à la détrempe (Nativité, Adoration des Mages, Saint Christophe), témoignages artistiques majeurs de l’Anjou de la Renaissance. Le domaine est cité dès 1246 sous le nom de « terra de la Sorinère », mais son histoire tourmentée culmine pendant la guerre de Vendée (1793-1794).

Pendant la Révolution, le château est partiellement incendié par les colonnes infernales en janvier 1794, un épisode tragique où périssent des membres de la famille du Verdier de la Sorinière et leurs métayers. Rosalie du Verdier (bénédictine) et Marie de la Dive (veuve), arrêtées au Longeron, sont guillotinées à Angers les 26 et 27 janvier 1794 pour leur fidélité catholique. Leurs filles, Catherine et Marie-Louise, sont fusillées au Champ-des-Martyrs d’Avrillé le 10 février 1794. Le même jour, à la métairie attenante, la famille Rochard (dont cinq enfants) est massacrée, seul Jean-Louis Rochard (5 ans), grièvement blessé, survivant.

La famille du Verdier incarne l’histoire du château : François du Verdier (XVIIe siècle) en hérite par mariage, tandis que Claude François du Verdier (1701-1784), président de l’Académie d’Angers, en est un descendant illustre. Leur engagement royaliste coûte cher : Henri du Verdier (1767-1793), chef vendéen, est guillotiné à Saumur en 1793. Seul Louis Pierre Duverdier (1757-1841), émigré pendant la Révolution, perpétue la lignée. Aujourd’hui, la chapelle et les ruines rappellent ces drames, tandis que l’église de Chemillé commémore les « dames de la Sorinière » via des vitraux dédiés.

Les peintures murales de la chapelle, réalisées à la détrempe, comptent parmi les œuvres les plus remarquables du XVIe siècle en Anjou. Elles illustrent des scènes religieuses (Nativité, Adoration des Mages) et un Saint Christophe géant, symbole de protection. Classées depuis 1921, elles témoignent du mécénat artistique des du Verdier et de l’influence de la Renaissance en Val de Loire. Le château, bien que partiellement détruit, reste un lieu de mémoire de la Révolution vendéenne et de la résistance catholique.

Le site est aussi lié à des massacres de civils pendant les colonnes infernales. Le 24 janvier 1794, la troupe de Crouzat incendie le château et la métairie, tuant François Rochard (69 ans) et cinq enfants de la famille Rochard/Dailleux. Ces événements s’inscrivent dans la répression systématique de la Vendée militaire, où Chemillé et ses alentours (Gonnord, Joué) sont ravagés. Les archives et les vitraux de l’église Saint-Pierre perpétuent le souvenir de ces victimes, canonisées en 1984 pour les quatre femmes de la famille du Verdier.

Liens externes