Frise chronologique
XVe siècle
Début de la construction
Début de la construction
XVe siècle (≈ 1550)
Corps de logis initial édifié.
1827
Vente aux enchères
Vente aux enchères
1827 (≈ 1827)
Domaine de 16 hectares adjugé.
20 octobre 1870
Découverte d'un message allemand
Découverte d'un message allemand
20 octobre 1870 (≈ 1870)
Maxime Genteur transmet des positions ennemies.
1880–1889
Plantations et restaurations
Plantations et restaurations
1880–1889 (≈ 1885)
Création des bois par Genteur, travaux par Cottreau.
1940–1944
Occupation allemande
Occupation allemande
1940–1944 (≈ 1942)
Siège du commandement militaire.
2014
Vente par l'État
Vente par l'État
2014 (≈ 2014)
Conversion en hôtellerie.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Maximilien Simon Genteur - Ancien préfet et propriétaire |
Découvre un message allemand en 1870. |
| Maxime Genteur - Résident et secrétaire général |
Transmet des informations cruciales en 1870. |
| Gaston Cottreau - Propriétaire restaurateur |
Travaux de rénovation en 1889. |
Origine et histoire
Le château de la Source du Rollin, situé à La Chapelle-Saint-Mesmin dans le Loiret, doit son nom au petit cours d’eau le Rollin, qui prend sa source à proximité avant de se jeter dans la Loire. Ce domaine, dont la construction débute au XVe siècle, est initialement une dépendance de l’abbaye Saint-Mesmin de Micy dès le haut Moyen Âge. Son architecture, centrée sur un corps de logis à deux étages flanqué de pavillons, reflète des influences Renaissance, comme en témoigne la cheminée ornée d’une salamandre, symbole de François Ier.
Au XIXe siècle, le château est profondément transformé et agrandi. En 1827, il est décrit comme une maison de campagne de 16 hectares, vendue aux enchères pour 73 205 francs. L’annonce mentionne deux moulins : un moulin à vent et un moulin à eau sur la rivière Rollin. En 1870, pendant la guerre franco-prussienne, l’état-major allemand l’occupe et y installe un poste de secours. Un événement marquant survient le 20 octobre 1870 : Maxime Genteur, résident du château, découvre dans une cheminée un message allemand révélant des positions militaires avant la bataille de Coulmiers, qu’il transmet immédiatement au gouvernement de Tours.
La famille Genteur, propriétaire à partir des années 1820, joue un rôle clé dans l’histoire du domaine. Maximilien Simon Genteur (1815–1882), avocat et ancien préfet, rachète après 1880 des terres viticoles ravagées par le phylloxéra pour y planter des arbres (peupliers, ormes), formant aujourd’hui les bois de La Chapelle. En 1889, son successeur Gaston Cottreau entreprend des restaurations. Le château, vendu par adjudication en 2014, devient ensuite un établissement hôtelier après avoir abrité un collège spécialisé (1945–1964) puis une unité éducative du Ministère de la Justice (1964–2009).
Le site recèle aussi un patrimoine archéologique : un lieu de culte gallo-romain et un enclos circulaire sont répertoriés à proximité dans le plan local d’urbanisme de 2019. Ces vestiges, parmi 19 autres sur la commune, soulignent l’ancienne occupation des lieux. Le domaine actuel (4 350 m2 de château, 5 hectares de parc) conserve des bâtiments communs organisés autour d’une cour, ainsi qu’un parc boisé issu des plantations du XIXe siècle.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le commandement militaire allemand réquisitionne à nouveau le château (1940–1944). Après 1945, il accueille des colonies de vacances (années 1950) avant sa conversion en institution éducative. Les héritiers Genteur vendent une partie des bois entre 1941 et 1943 pour le chauffage, morcelant le domaine en 250 parcelles aujourd’hui majoritairement privées. Le bois de Vaussoudun, héritage de ces plantations, reste un espace naturel communal.