Origine et histoire du Château de La Vallière
Le château de La Vallière, situé à Reugny en Indre-et-Loire, est un édifice des XIVe, XVIe et XVIIe siècles, inscrit aux monuments historiques depuis 1977. Construit sur les vestiges d’une forteresse médiévale, il domine le village depuis le coteau gauche de la Brenne. Son histoire est marquée par des transformations architecturales majeures, notamment au XVIe siècle sous l’impulsion de la famille de La Baume Le Blanc, qui en fit une résidence seigneuriale.
Acquis en 1542 par Laurent de La Baume Le Blanc, maire de Tours, le fief fut érigé en châtellenie en 1650, puis en duché en 1667 pour Louise de La Vallière, maîtresse de Louis XIV. Le domaine, réunissant plusieurs seigneuries, resta dans sa descendance jusqu’à la Révolution. Le château conserve des éléments défensifs (porte fortifiée, mâchicoulis, tours cylindriques) ainsi qu’un pavillon Renaissance et une tour carrée coiffée d’un dôme, témoignages de ses réaménagements successifs.
L’intérieur abrite des cheminées ornées de devises familiales (Ad principem ut ad ignem) et de peintures d’époque Henri III. Au XVIIe siècle, le domaine s’étendait sur 18,8 hectares, incluant des jardins à la française et une forêt. Après des siècles de transmission aristocratique, le château fut vendu en 2018 à Xavier Aubry, qui le transforma en un hôtel de luxe (Relais & Châteaux) ouvert en 2022, avec une décoration signée Jacques Garcia et un restaurant inspiré de la cuisine du Grand Siècle.
En 2022, un projet controversé d’incubateur de start-up à proximité du château, conçu par Jacques Garcia, suscita des tensions avec les Bâtiments de France et une polémique nationale après le limogeage de la préfète d’Indre-et-Loire. Le domaine, toujours privé, allie aujourd’hui patrimoine historique et modernité entrepreneuriale, tout en préservant ses éléments classés (porte fortifiée, façades, grange, mur d’enceinte).
Les archives du château, déposées aux Archives départementales d’Indre-et-Loire (cotes 65J et 249J), documentent son histoire familiale et ses transformations architecturales. La protection au titre des monuments historiques couvre notamment la porte médiévale, les façades Renaissance, et la grange du XVIe siècle, illustrant son évolution depuis le Moyen Âge jusqu’à l’époque contemporaine.