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Château de La Verdière dans le Var

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château

Château de La Verdière

  • Rue Paradis 
  • 83560 La Verdière
Château de La Verdière
Château de La Verdière
Château de La Verdière
Château de La Verdière
Crédit photo : Rvalette - Sous licence Creative Commons
Propriété d'une société privée
83560 La Verdière, Rue Paradis 

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
Xe siècle
Construction initiale
1262–1437
Période Vintimille
1437–1613
Retour aux Castellane
1613
Passage aux Forbin
1750–1767
Transformation en résidence d’agrément
1789
Pillage révolutionnaire
1986
Classement Monument Historique
2003
Sauvetage et restauration
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château et son parc (cad. AB 113, 116 à 118, 120, 121) : classement par arrêté du 23 juin 1986

Personnages clés

Famille de Castellane - Fondateurs et premiers propriétaires Édifie la forteresse au Xe siècle.
Comtes de Vintimille - Propriétaires (1262–1437) Transforment le château en résidence moins militaire.
Louis-Roch de Forbin - Officier et mécène Dirige les travaux du XVIIIe siècle.

Origine et histoire du Château de La Verdière

Le château de La Verdière trouve ses origines au Xe siècle, lorsque la famille de Castellane, l’une des plus anciennes de Provence, y érige une forteresse stratégique dominant la route entre Arles et Castellane. Le bâtiment initial, orienté nord-ouest/sud-est, comprend deux salles superposées : une salle basse creusée dans le rocher et une grande salle pouvant accueillir 200 à 300 hommes. La forteresse, à vocation militaire, contrôle alors un axe majeur de la région. Une chapelle castrale, remplacée plus tard par l’église paroissiale actuelle, est adossée à l’aile ouest du château.

Au XIIIe siècle, sous la maison de Vintimille (1262–1437), le château subit ses premiers grands travaux, perdant progressivement son caractère défensif. Un donjon est ajouté, et une église romane remplace la chapelle primitive. Au XVe siècle, la famille de Castellane récupère le domaine par succession et poursuit les aménagements. Entre 1437 et 1613, le donjon est démoli, mais l’édifice s’étend vers le nord avec de nouveaux bâtiments, des salles voûtées en contrebas (écuries), et un jardin appelé « le manège ». L’église, dotée d’un clocher, devient indépendante du château et sert toujours de lieu de culte au village.

Au XVIIe siècle, le château passe aux Forbin par le mariage d’Aymare de Castellane avec Vincent-Anne de Forbin-Maynier. Bien que la famille n’y réside pas, elle y ajoute une tour d’angle, un escalier à double rampe pour accéder aux terrasses, et une tribune privée dans l’église, permettant au seigneur d’assister aux offices à l’abri des regards. La transformation majeure intervient cependant entre 1750 et 1767, lorsque Louis-Roch de Forbin, officier du roi, entreprend d’immenses travaux pour en faire une résidence d’agrément. Le château s’enrichit alors d’une terrasse de 40 mètres, de 22 salons, d’une salle de bal de 30 mètres, d’une bibliothèque, et de gypseries couvrant plusieurs milliers de mètres carrés – les plus vastes de France. Ces décors, typiquement provençaux, ornent murs et plafonds, faisant du château un joyau architectural.

Classé monument historique en 1986, le château échappe de peu à la destruction. Pendant la Révolution française, il est pillé par les villageois, puis menacé de démolition (le département promet 30 000 francs pour sa destruction). Sa situation en hauteur, risquant d’endommager les habitations en contrebas, le sauve in extremis. Au XIXe siècle, il accueille brièvement 800 soldats révolutionnaires en 1851, lors d’une insurrection à Aups. Après une période d’abandon au XXe siècle, il est racheté en 2003 par un propriétaire privé qui le restaure. Aujourd’hui encore habité, il se visite avec un conférencier et conserve ses 365 portes et fenêtres, ainsi que ses 5 000 m2 de bâtiments.

Le château de La Verdière incarne près de mille ans d’histoire provençale, marqué par trois grandes familles (Castellane, Vintimille, Forbin) et une évolution architecturale unique, du château fort médiéval au palais baroque. Ses gypseries, ses salons fastueux et son panorama exceptionnel (embrassant le Ventoux, le Luberon, et les Maures) en font un témoignage rare de l’art de vivre aristocratique en Provence aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Liens externes

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