Origine et histoire
Le château de La Verdière, construit au Xe siècle par la famille de Castellane, était à l’origine une forteresse militaire dominant la route entre Arles et Castellane. Composé de deux salles superposées, il abritait jusqu’à 300 hommes et incluait une chapelle castrale, remplacée plus tard par l’église paroissiale actuelle. Son rôle stratégique et son architecture primitive reflétaient les besoins défensifs de l’époque médiévale en Provence.
Au XIIIe siècle, sous la maison de Vintimille, le château perd progressivement son caractère militaire. Un donjon est ajouté, et une église romane remplace la chapelle primitive. Les travaux se poursuivent jusqu’au XVe siècle, avec des agrandissements vers le nord, la construction de salles voûtées, et l’aménagement d’un jardin appelé « le manège ». L’édifice passe ensuite aux mains des Castellane, puis des Forbin en 1613, marquant le début d’une transformation en résidence seigneuriale.
Entre 1750 et 1767, Louis-Roch de Forbin entreprend d’immenses travaux pour convertir le château en une demeure d’agrément. Une terrasse de 40 mètres, vingt-deux salons, une salle de bal de 30 mètres, et des milliers de mètres carrés de gypseries – parmi les plus beaux de Provence – sont ajoutés. Le château devient alors le plus vaste de la région, accueillant réceptions et parties de chasse. Classé monument historique en 1986, il échappe de peu à la destruction pendant la Révolution française.
Au XIXe siècle, le château, bien que menacé par l’abandon et les dégradations, survit aux révolutions et aux pillages. En 1851, il abrite temporairement 800 soldats révolutionnaires en route vers Aups. Sauvé en 2003 par son propriétaire actuel, il est aujourd’hui ouvert aux visites, malgré des décennies de négligence ayant causé des infiltrations et des risques d’effondrement. Ses 365 portes et fenêtres, ainsi que ses 5 000 m2 de bâtiments, en font un témoignage exceptionnel de l’histoire provençale.
Les décors intérieurs, notamment les gypseries, couvrent plusieurs milliers de mètres carrés et ornent salons, chambres et pièces secondaires. Ces éléments, typiques de l’art provençal des XVIIe et XVIIIe siècles, ainsi que l’architecture hybride issue des transformations successives, font du château un joyau patrimonial. L’église, toujours adossée au château, conserve son clocher et son presbytère d’origine médiévale, bien que séparée de la demeure depuis des siècles.