Origine et histoire du Château de La Verrerie
Le château de La Verrerie, situé à Oizon dans le Cher, tire son nom d’une fabrique de verre attestée dès la fin du XVe siècle jusqu’au début du XIXe. Son histoire est intimement liée à la famille Stuart d’Aubigny, des seigneurs écossais alliés à la couronne de France pendant la guerre de Cent Ans. En 1423, Charles VII offrit la seigneurie d’Aubigny-sur-Nère à Jean Stuart, connétable d’Écosse, en récompense de son soutien militaire. Le corps de logis principal et la chapelle, de style Louis XII, furent construits entre 1495 et 1500 par Bérault Stuart, petit-fils de Jean, ambassadeur et capitaine des archers écossais.
Au début du XVIe siècle, Robert Stuart de Lennox, gendre et cousin de Bérault, fit ajouter une galerie sud de style Renaissance (1520-1525) et reconstruit la ville d’Aubigny après un incendie. Le domaine resta dans la famille Stuart jusqu’en 1672, date du décès du dernier héritâtes, Charles Stuart. Louis XIV confisqua alors les terres, les attribuant en 1684 à Louise de Kéroualle, duchesse d’Aubigny et favorite de Charles II d’Angleterre. Les descendants des Lennox, issus de cette lignée, conservèrent le château jusqu’au XIXe siècle.
En 1842, le marquis Léonce de Vogüé acquit le château en adjudication après que le 5e duc de Lennox eut refusé de payer les droits de succession. Son petit-fils, Louis de Vogüé, fit agrandir l’aile sud en 1894 par l’architecte Ernest Sanson et restaura la chapelle vers 1930. Le domaine, toujours propriété de la famille Vogüé, abrite aujourd’hui des concerts classiques et des tournages, comme pour l’émission Secrets d’Histoire en 2015. Le château, entouré d’un étang de 40 hectares, est partiellement classé Monument Historique depuis 1926 et 1987.
L’architecture du château reflète ses phases de construction successives : le logis et la chapelle (fin XVe) en brique et pierre, la galerie Renaissance (début XVIe), et les agrandissements néo-Renaissance du XIXe siècle. La chapelle, dédiée à la Vierge et consacrée en 1511, conserve des peintures restaurées dans les années 1930. Le site, ouvert au public, allie patrimoine historique et activités culturelles, perpétuant un héritage lié à l’alliance franco-écossaise et à l’aristocratie européenne.