Frise chronologique
1825
État dégradé du manoir
État dégradé du manoir
1825 (≈ 1825)
Mention d’un manoir en mauvais état.
1869
Construction du château neuf
Construction du château neuf
1869 (≈ 1869)
Château néo-gothique bâti par Jacques Mellet.
1876
Installation du bélier hydraulique
Installation du bélier hydraulique
1876 (≈ 1876)
Dispositif pour pomper l’eau de l’étang.
1892
Construction des serres
Construction des serres
1892 (≈ 1892)
Réalisées par les établissements Bergerot.
19 septembre 2013
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
19 septembre 2013 (≈ 2013)
Extension de la protection à l’ensemble du domaine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le château de la Vieuville, à savoir : le logis du XIXe siècle pour ses façades et toitures et son vestibule, son escalier intérieur, sa salle à manger, son grand salon, son petit salon, son bureau-bibliothèque situé dans une tourelle, sa chambre du premier étage avec son décor du XVIIe siècle ; les communs du XIXe siècle pour leurs façades et toitures ; le jardin potager pour sa clôture et son sol d'assiette ; les serres ; l'ancien manoir pour ses façades et toitures ; le parc paysager avec ses pièces d'eau et ses ouvrages hydrauliques (fontaine, bélier, etc) ; le portail, les murs de clôture attenants et la grille en fer forgé de l'ancien hôtel Le Harivel placés à l'entrée de l'avenue (cad. B 532 à 534, 561 à 565, 580 à 595, 597 à 601, 792 à 794 ; C 203 à 205, 209, 210, 763, 764) : inscription par arrêté du 19 septembre 2013
Personnages clés
| Saturnin Le Mercier des Alleux - Propriétaire et commanditaire |
Fait construire le château en 1869. |
| Jacques Mellet - Architecte |
Conçoit le château et d’autres bâtiments locaux. |
| Joseph Michel de Montgolfier - Inventeur du bélier hydraulique |
Inspiration pour le système de 1876. |
| Aristide Tourneux - Architecte (projet non réalisé) |
Plans de restauration du manoir (non exécutés). |
Origine et histoire
Le château de la Vieuville, situé dans la commune du Châtellier en Ille-et-Vilaine (Bretagne), se compose d’un ancien manoir des XVIe et XVIIe siècles et d’un château néo-gothique construit au XIXe siècle. Ce dernier, appelé « château neuf », fut édifié en 1869 par l’architecte Jacques Mellet pour Saturnin Le Mercier des Alleux, héritier du domaine. Le château adopte une composition symétrique avec un corps central rectangulaire flanqué de tours circulaires et carrées, et intègre des éléments décoratifs issus du manoir originel, comme des boiseries ou des tapisseries.
Le domaine s’étend autour d’un parc paysager remanié au XIXe siècle, incluant un étang alimenté par un bélier hydraulique daté de 1876, une invention inspirée de Joseph Michel de Montgolfier. Les serres, construites en 1892 par les établissements Bergerot, ainsi que des communs et un jardin potager complètent l’ensemble. Le château a fait l’objet de deux inscriptions aux Monuments Historiques : une première en 1946 pour certaines parties, puis une extension en 2013 couvrant le logis, les communs, le parc, et des éléments comme le portail et la grille en fer forgé, issus d’un hôtel du XVIIIe siècle détruit à Fougères.
L’architecte Jacques Mellet, déjà actif dans la commune pour la construction de l’église (1849-1853) et d’une chapelle funéraire, a conçu le château dans un style néo-gothique sobre, contrastant avec d’autres édifices locaux comme le château de la Folletière (néo-classique) ou celui de Fretay (style « Troubadour »). Le projet initial prévoyait peut-être la restauration de l’ancien manoir, en mauvais état dès 1825, mais Saturnin Le Mercier des Alleux opta pour une construction neuve, réemployant des éléments du manoir (parquets, lucarnes, boiseries). Les plans intérieurs de 1922 révèlent une organisation typique des demeures bourgeoises de l’époque, avec des espaces distincts pour les domestiques et les propriétaires.
Le château illustre l’éclectisme architectural du XIXe siècle en Bretagne, où les propriétaires terriens modernisaient leurs domaines en intégrant des innovations techniques (comme le bélier hydraulique) et des styles variés. Son histoire reflète aussi les transformations sociales et économiques de la région, marquée par l’héritage des familles nobles et l’émergence d’une bourgeoisie rurale influente. Aujourd’hui, le site reste un témoignage des savoir-faire artisanaux et des modes de vie de l’aristocratie bretonne aux XVIIIe et XIXe siècles.