Patrimoine classé
Le château, à savoir les façades et les toitures du logis, l'escalier et sa cage, le salon et la salle à manger ; les façades et les toitures des communs du XVIIe siècle attenants, de l'Hermitage, de l'Orangerie, du chenil, des bâtiments de la ferme (maison d'habitation, étable et maison à four) , y compris le sol de l'ancien verger et ses murs de clôture, le moulin de la Fosse en totalité avec l'étang et l'ensemble du système d'eau, éléments figurant au cadastre ZE 77, 78, 76, 73, 74, 75 : inscription par arrêté du 12 février 2007
Personnages clés
| Auguste Beignet - Architecte |
Recompose le château (1894-1896). |
| Busigny - Paysagiste |
Dessine le parc (1893-1894). |
| Jean de Talhouët - Propriétaire au XVIIIe siècle |
Commande la reconstruction en 1720. |
Origine et histoire du Château de la Ville Quéno
Le château de la Ville Quéno, situé sur la commune déléguée de Quelneuc (Carentoir, Morbihan), est le siège d’une seigneurie attestée dès le XIVe siècle. Le domaine a connu plusieurs reconstructions majeures : un manoir initial remplacé en 1720 par un nouveau bâtiment, modifié en 1780 sans être achevé. Ces transformations reflètent l’évolution architecturale et sociale de la noblesse bretonne, entre tradition médiévale et influences classiques.
L’architecte Auguste Beignet entreprend entre 1894 et 1896 une recomposition complète du château, intégrant les vestiges des XVIIe et XVIIIe siècles tout en respectant leur style. Il conserve l’ordonnancement régulier des façades et l’équilibre des masses, tout en introduisant une dimension pittoresque et régionaliste. Le logis actuel reprend la distribution de l’ancien, avec un escalier d’honneur monumental et des salons aux boiseries des XVIIe-XVIIIe siècles.
Le domaine s’étend autour d’une cour de communs du XVIIe siècle, incluant une chapelle, une orangerie, un chenil, et des bâtiments agricoles. Un moulin à eau du XIXe siècle, encore équipé de ses machines et de son système hydraulique, ainsi qu’un verger potager du XVIIe siècle, témoignent de l’autonomie économique du lieu. En 1893-1894, le paysagiste Busigny dessine un parc paysager, illustrant les courants esthétiques de l’époque, entre rationalisme et romantisme.
Le château est partiellement inscrit aux monuments historiques depuis le 12 février 2007. Cette protection couvre les façades et toitures du logis, l’escalier, les salons, mais aussi les communs, l’hermitage, l’orangerie, la ferme, le moulin de la Fosse avec son étang, et le sol de l’ancien verger. Ces éléments soulignent la volonté de préserver un ensemble cohérent, mêlant patrimoine bâti, naturel et technique.
La restauration d’Auguste Beignet s’inscrit dans une démarche plus large de valorisation des châteaux bretons à la fin du XIXe siècle. Bien que critiquée pour un manque de cohérence et une certaine lourdeur, son intervention a permis de sauver des éléments historiques majeurs, tout en adaptant le domaine aux goûts de l’époque. Le caractère hybride du château, entre classicisme et pittoresque, en fait un témoignage unique de l’évolution des résidences aristocratiques en Bretagne.
Enfin, le domaine de la Ville Quéno est resté dans la même famille depuis le XVIe siècle, ce qui explique la continuité de son aménagement et de son entretien. Les vestiges des XVIIe et XVIIIe siècles, intégrés à la reconstruction de 1890, rappellent l’ancrage historique du site, tandis que les ajouts du XIXe siècle reflètent les aspirations d’une noblesse soucieuse de modernité et de préservation de son héritage.