Origine et histoire
Le château de Laborde, situé à Meursanges en Bourgogne-Franche-Comté, est une ancienne place forte ducale du XIVe siècle, profondément remaniée jusqu’au XXe siècle. Bien que le château ait aujourd’hui disparu, ses dépendances abritent des logis, et le domaine conserve les traces d’un parc conçu par André Le Nôtre. Les bâtiments actuels, en brique et couverts de tuiles plates, s’organisent autour d’une cour et d’une impasse, avec des pavillons carrés et des lucarnes à fronton triangulaire. Le site, autrefois entouré de douves, était un exemple d’architecture seigneuriale bourguignonne, mêlant fonctions défensives et résidentielles.
Au XIe siècle, le château-fort de La Borde-Reullée, ancêtre du site actuel, appartenait aux ducs de Bourgogne. Au XIVe siècle, il fut cédé à plusieurs reprises : d’abord à un cousin du duc Philippe de Rouvre en 1349, puis à l’antipape Clément VII (Robert III) avant de passer entre les mains de familles nobles comme les Villars ou les Saulx. En 1470, le domaine échoit au comte de Charny, période durant laquelle furent construits le colombier et des dépendances encore visibles. Le site fut érigé en marquisat en 1645 et transformé en un « Versailles de Bourgogne » par Nicolas II Brûlart, avec des jardins signés Le Nôtre, avant de tomber en ruine à la fin du XVIIIe siècle.
Le château connut une renaissance symbolique en 1998, lorsqu’il fut acquis par Hervé Kerlann aux Hospices de Beaune. Intégré à un domaine viticole, il perpétue aujourd’hui un héritage à la fois architectural et œnologique. Les vestiges du mur d’enceinte, du donjon et des communs, ainsi que la chapelle transférée depuis Mâlain en 1686, témoignent de son riche passé. Le cadastre de 1826 attestait encore d’un bâtiment en U entouré de douves, aujourd’hui disparu, mais dont l’emprise reste lisible dans le paysage actuel.
André Le Nôtre, célèbre jardinier de Louis XIV, intervint sur le parc du château au XVIIe siècle, lors de sa reconstruction par Nicolas II Brûlart. Ce projet ambitieux, achevé en 1678, valait au domaine le surnom de « Versailles de Bourgogne ». Les jardins, bien que partiellement effacés, structurent encore l’espace autour des dépendances. La chapelle du XIIIe siècle, initialement édifiée pour Pierre de Montaigu, fut déplacée depuis Mâlain en 1686, ajoutant une dimension religieuse au site.
La transformation du château en domaine viticole au XXe siècle illustre l’adaptation des patrimoine bourguignons aux enjeux économiques locaux. La Bourgogne, région viticole majeure depuis le Moyen Âge, a souvent vu ses châteaux reconvertis en exploitations vinicoles. Le château de Laborde, par son histoire ducale, ses jardins royaux et sa vocation actuelle, incarne cette continuité entre pouvoir seigneurial, art paysager et tradition viticole.