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Château de Laborde en Côte-d'or

Château de Laborde

  • 2 Impasse du Parc
  • 21200 Meursanges
2 Imp. du Parc, 21200 Meursanges, France

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIe siècle
Premières mentions
1349
Don à un cousin
1395-1405
Changements de mains
1470
Acquisition par Charny
1645
Érection en marquisat
1678
Achèvement du nouveau château
1686
Transfert de la chapelle
fin XVIIIe siècle
Ruine partielle
1998
Acquisition par Kerlann
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Philippe de Rouvre - Duc de Bourgogne Cède le château en 1349
Clément VII (Robert III) - Antipape et seigneur Propriétaire jusqu’à sa mort
Jean sans Peur - Duc de Bourgogne Cède le château en 1405
Nicolas II Brûlart - Marquis et reconstructeur Commande le château et jardins
André Le Nôtre - Jardinier du roi Conçoit les jardins en 1678
Hervé Kerlann - Propriétaire actuel Acheteur en 1998 pour domaine viticole

Origine et histoire

Le château de Laborde, situé à Meursanges en Bourgogne-Franche-Comté, est une ancienne place forte ducale du XIVe siècle, profondément remaniée jusqu’au XXe siècle. Bien que le château ait aujourd’hui disparu, ses dépendances abritent des logis, et le domaine conserve les traces d’un parc conçu par André Le Nôtre. Les bâtiments actuels, en brique et couverts de tuiles plates, s’organisent autour d’une cour et d’une impasse, avec des pavillons carrés et des lucarnes à fronton triangulaire. Le site, autrefois entouré de douves, était un exemple d’architecture seigneuriale bourguignonne, mêlant fonctions défensives et résidentielles.

Au XIe siècle, le château-fort de La Borde-Reullée, ancêtre du site actuel, appartenait aux ducs de Bourgogne. Au XIVe siècle, il fut cédé à plusieurs reprises : d’abord à un cousin du duc Philippe de Rouvre en 1349, puis à l’antipape Clément VII (Robert III) avant de passer entre les mains de familles nobles comme les Villars ou les Saulx. En 1470, le domaine échoit au comte de Charny, période durant laquelle furent construits le colombier et des dépendances encore visibles. Le site fut érigé en marquisat en 1645 et transformé en un « Versailles de Bourgogne » par Nicolas II Brûlart, avec des jardins signés Le Nôtre, avant de tomber en ruine à la fin du XVIIIe siècle.

Le château connut une renaissance symbolique en 1998, lorsqu’il fut acquis par Hervé Kerlann aux Hospices de Beaune. Intégré à un domaine viticole, il perpétue aujourd’hui un héritage à la fois architectural et œnologique. Les vestiges du mur d’enceinte, du donjon et des communs, ainsi que la chapelle transférée depuis Mâlain en 1686, témoignent de son riche passé. Le cadastre de 1826 attestait encore d’un bâtiment en U entouré de douves, aujourd’hui disparu, mais dont l’emprise reste lisible dans le paysage actuel.

André Le Nôtre, célèbre jardinier de Louis XIV, intervint sur le parc du château au XVIIe siècle, lors de sa reconstruction par Nicolas II Brûlart. Ce projet ambitieux, achevé en 1678, valait au domaine le surnom de « Versailles de Bourgogne ». Les jardins, bien que partiellement effacés, structurent encore l’espace autour des dépendances. La chapelle du XIIIe siècle, initialement édifiée pour Pierre de Montaigu, fut déplacée depuis Mâlain en 1686, ajoutant une dimension religieuse au site.

La transformation du château en domaine viticole au XXe siècle illustre l’adaptation des patrimoine bourguignons aux enjeux économiques locaux. La Bourgogne, région viticole majeure depuis le Moyen Âge, a souvent vu ses châteaux reconvertis en exploitations vinicoles. Le château de Laborde, par son histoire ducale, ses jardins royaux et sa vocation actuelle, incarne cette continuité entre pouvoir seigneurial, art paysager et tradition viticole.

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