Origine et histoire du Château de Lacapelle-Marival
Le château de Lacapelle-Marival, situé dans le Lot en Occitanie, trouve ses origines dans une seigneurie mentionnée dès 1146 sous le nom de Lacapelle-Merlival. En 1266, Géraud de Cardaillac, fils de Bertrand III, reçoit ces terres et fonde la lignée des Cardaillac-Lacapelle. Le village, initialement dépendant de Saint-Maurice-en-Quercy, se développe autour d’une chapelle et de quelques maisons. Longtemps daté du XIIIe siècle par tradition, le château actuel résulte en réalité d’une construction majeure entreprise à partir de 1460 par Guisbert de Cardaillac-Lacapelle et son fils Astorg, après la guerre de Cent Ans. Les études dendrochronologiques de 2024 confirment cette datation pour la tour principale, haute de 18 mètres sur sept niveaux, caractéristique des tours-résidences plutôt que des forteresses militaires.
Le château se compose initialement d’un donjon rectangulaire flanqué d’échauguettes et d’un mâchicoulis, symbole de puissance seigneuriale. Au XVIe siècle, un corps de logis Renaissance est adjoint (vers 1520), intégrant partiellement l’enceinte médiévale. Ce bâtiment, tombé en ruines un siècle plus tard, est reconstruit après 1732 par le maréchal de La Devèze, nouveau propriétaire, qui y ajoute un étage et un escalier monumental. Les façades portent encore les stigmates du siège de 1663, lorsque les troupes royales assiégèrent la marquise Élisabeth de Pluvinel, veuve d’Henri Victor de Cardaillac, pour non-respect d’un jugement du Parlement de Toulouse.
À l’intérieur, le château conserve des décors peints des XVe et XVIIe siècles, dont un plafond à la française orné de cartouches hollandais et des grisailles antiques sous les lambris. La salle du Conseil, rénovée au XXIe siècle, expose aujourd’hui des portraits des présidents de la République et des maires locaux. Classé Monument Historique en 1939, le château fait l’objet depuis 2023 d’une étude préalable à sa restauration, pilotée par la DRAC. Son histoire reflète les mutations architecturales et politiques d’une seigneurie quercynoise, des Cardaillac aux révolutions modernes.
Le site s’inscrit dans un bourg médiéval fortifié, dont la muraille était accolée à celle du château. La place du Fort et l’église voisines témoignent de cette organisation défensive. La pierre locale, extraite de la carrière de Laroque (aujourd’hui place publique), a servi à sa construction. Malgré des pillages en 1789, le château reste un exemple remarquable d’adaptation d’une résidence seigneuriale aux époques gothique, Renaissance et classique, marqué par des conflits familiaux (succession d’Astorg de Cardaillac en 1521) et des transformations liées à l’ascension sociale de ses propriétaires (marquisat en 1645).