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Château de Ladhuie à Montayral dans le Lot-et-Garonne

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château
Lot-et-Garonne

Château de Ladhuie

    2-58 Avenue Gambetta 
    47500 Montayral
Propriété privée
Château de Ladhuie
Château de Ladhuie
Crédit photo : Paternel 1 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
0
100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1794 (An II)
Vente comme bien national
1291-1294
Construction des barrages sur le Lot
1424
Prise de la tour pendant la guerre de Cent Ans
Fin XVe siècle
Remplacement de la tour par un manoir
1667
Interdiction de la chapelle domestique
XVIe-XVIIe siècles
Ajout d’un second corps de logis
20 juin 1950
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les façades et les toitures (cad. B 214) : inscription par arrêté du 20 juin 1950

Personnages clés

Édouard Ier d’Angleterre - Roi d’Angleterre Finance les barrages sur le Lot (1291).
Lancelot de la Barthe - Chef militaire anglais Prend la tour en 1424.
Naudonnet de Lustrac - Chef militaire français Reprend la tour en 1424.
Armand de Laduguie - Seigneur local Probable commanditaire du manoir (fin XVe).
Jeanne de Lustrac - Épouse d’Armand de Laduguie Fille d’Antoine Ier de Lustrac.
Jacques de La Goutte - Seigneur du Buscon Propriétaire au XVIIe siècle.
Jean Maydieu - Acheteur révolutionnaire Acquiert le château en 1794.

Origine et histoire

Le château de Ladhuie trouve ses origines dans la construction d’un barrage sur le Lot à la fin du XIIIe siècle, financé par Édouard Ier d’Angleterre pour faciliter le transport fluvial entre le Quercy et Bordeaux. Ce barrage, appelé d’Orgueil, fut érigé avec dix autres entre 1291 et 1294 par des entrepreneurs locaux comme les Lustrac, sous la supervision du connétable d’Angolive. Les seigneurs riverains, dont ceux de Ladhuie, y adjoignirent des fortifications pour contrôler les droits de péage, avant que les travaux ne soient interrompus en 1294 par la saisie de l’Agenais par Philippe le Bel.

Pendant la guerre de Cent Ans, la tour d’Orgueil (ou de Ladhuie), disputée entre les partis français et anglais, fut prise en 1424 par Lancelot de la Barthe pour les Anglais, puis reprise par Naudonnet de Lustrac pour le roi de France. À la fin du XVe siècle, la tour médiévale fut remplacée par un manoir, probablement pour Armand de Laduguie (mentionné entre 1502 et 1506), époux de Jeanne de Lustrac. Ce manoir, caractérisé par des baies à meneaux et une toiture « à la française », illustre la transition entre défense féodale et résidence seigneuriale.

Au XVIe siècle, un second corps de logis fut ajouté, attribué à la famille de Lagoutte (ou La Goutte), seigneurs locaux. Le château fut agrandi au XVIIe siècle, incluant une chapelle domestique voûtée, interdite en 1667 après une visite pastorale. Saisi comme bien national en 1794 lors de la Révolution, il fut vendu à Jean Maydieu pour 160 000 livres. Classé monument historique en 1950, il conserve des éléments roman (fenêtres géminées) et Renaissance (cheminées du XVIIe siècle), ainsi qu’une source naturelle dans son sous-sol.

L’architecture du château reflète ses phases de construction successives : un premier logis en moellon du XVe siècle, adossé à un corps en pierre de taille des XVIe-XVIIe siècles, avec un escalier en tour hors-œuvre. Les restaurations modernes visent à préserver ce patrimoine lié à l’histoire économique (péages fluviaux) et militaire (guerre de Cent Ans) de la vallée du Lot. Aujourd’hui en cours de restauration, il témoigne des stratégies seigneuriales entre Moyen Âge et époque moderne.

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