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Château de Ladhuie dans le Lot-et-Garonne

Château de Ladhuie


    Montayral

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1289
Début des barrages sur le Lot
1291-1294
Construction du barrage de Ladhuie
1311
Enquête sur les péages
1424
Prise de la tour pendant la guerre de Cent Ans
Fin XVe siècle
Transformation en manoir
XVIe-XVIIe siècles
Agrandissements du logis
1794
Vente comme bien national
1950
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Édouard Ier - Roi d'Angleterre Commanditaire des barrages sur le Lot (1289).
Lancelot de la Barthe - Chef militaire anglais Prit la tour en 1424.
Naudonnet de Lustrac - Chef militaire français Reprit la tour en 1424.
Armand de Laduguie - Seigneur local Fit construire le manoir (fin XVe).
Jeanne de Lustrac - Épouse d'Armand de Laduguie Fille d'Antoine Ier de Lustrac.
Jacques de La Goutte - Seigneur du Buscon Habitant du château en 1695.

Origine et histoire

Le château de Ladhuie trouve son origine dans les travaux entrepris par Édouard Ier d'Angleterre vers 1289 pour rendre le Lot navigable entre le Quercy et Bordeaux. Onze barrages furent construits sur 22 km dans le bailliage de Penne, dont celui de Ladhuie, confié à des entrepreneurs comme la famille Lustrac. Ces aménagements, interrompus en 1294 lors de la saisie de l'Agenais par Philippe le Bel, reprirent en 1303. Le château fut initialement une tour fortifiée, la tour d'Orgueil, édifiée pour contrôler le barrage et percevoir des droits de passage, dans un contexte où les seigneurs locaux érigeaient des fortifications pour s'approprier les péages.

Pendant la guerre de Cent Ans, la tour – aussi appelée de Ladhuie – changea plusieurs fois de mains : prise en 1424 par Lancelot de la Barthe (parti anglais), elle fut reprise par Naudonnet de Lustrac pour le roi de France. À la fin du XVe siècle, la tour fut remplacée par un manoir, probablement pour Armand de Laduguie (mentionné entre 1502-1506), époux de Jeanne de Lustrac. Ce manoir fut agrandi aux XVIe-XVIIe siècles, avec l'ajout d'un second corps de logis pour la famille de Lagoutte, puis des modifications au XVIIe siècle pour Jacques de La Goutte, seigneur du Buscon.

Sous la Révolution, le château fut saisi comme bien d'émigré (famille Brous Cézerac) et vendu en 1794 à Jean Maydieu pour 160 000 livres. Son architecture reflète ces strates historiques, mêlant vestiges médiévaux et transformations Renaissance. Classé monument historique en 1950, il témoigne des enjeux économiques (péages fluviaux) et stratégiques (guerre de Cent Ans) qui marquèrent la vallée du Lot.

Les sources écrites, comme les actes notariés de 1695 ou les travaux de Gilles Séraphin, soulignent son rôle dans les dynamiques locales : contrôle du trafic fluvial, alliances entre familles nobles (Lustrac, Laduguie, Lagoutte), et adaptations architecturales aux besoins résidentiels. Son inscription au titre des monuments historiques en 1950 consacre sa valeur patrimoniale, liée à l'histoire des échanges entre Quercy, Agenais et Bordeaux.

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