Patrimoine classé
Portail d'entrée, en bordure du C.D. n° 920, la grille et les murs de clôture ; façades et toiture de la maison-portière ; façades et toitures des deux pavillons encadrant la cour d'honneur et escaliers attenants ; cour d'honneur, murets, balustrades, escaliers et grilles ; intérieurs du corps de logis ; basse-cour, murs, abreuvoir, chenil, hangar avec réservoir d'eau et hangar avec fenil ; jardin potager, murs et grilles, ainsi que la serre ; parc (cad. AI 13 à 26, 32, 35 à 41, 43, lieudit Château de la Grange) : inscription par arrêté du 11 septembre 1997 - Façades et toitures du corps de logis, y compris les escaliers extérieurs ; bâtiments de communs est et ouest bordant la cour d'honneur en totalité (cad. AI 43, lieudit Château de la Grange) : classement par arrêté du 8 septembre 1999
Personnages clés
| Antoine de La Grange d’Arquien - Seigneur d’Arquian et gouverneur du Berry |
Possible commanditaire du château vers 1590 |
| Louis de Buffévent - Gentilhomme ordinaire du roi |
Propriétaire et reconstructeur potentiel |
| Saint Vincent de Paul - Prêtre et saint catholique |
Accueilli au château en 1647 |
| Élisabeth de Bourbon - Princesse de Conti |
Séjourna fréquemment au XVIIIe siècle |
| François Brisson - Président au Parlement de Paris |
Acheteur en 1762, rénovateur intérieur |
| Jean-Pierre de Montalivet - Ministre de l’Intérieur de Napoléon Ier |
Restaura le château sous la Restauration |
| Camille de Montalivet - Ministre de Louis-Philippe |
Redessina jardins et intérieurs (1830–1845) |
| Pierre Fontaine - Architecte-paysagiste |
Transforma les jardins au XIXe siècle |
Origine et histoire du Château de Lagrange-Montalivet
Le château de Lagrange-Montalivet, situé à Saint-Bouize dans le Cher, est un monument des XVIe et XVIIe siècles, construit sur l’emplacement d’un ancien château fort mentionné dès 1090. Il fut reconstruit après sa destruction en 1569 par les troupes calvinistes, probablement sous l’impulsion d’Antoine de La Grange d’Arquien ou de la famille Buffévent, qui unifia la seigneurie au XVIIe siècle. Le logis central, flanqué de deux pavillons, et les communs datent en partie du règne d’Henri IV, tandis que les jardins furent aménagés en 1639.
Le domaine connut plusieurs propriétaires marquants, comme la famille Buffévent, qui y reçut saint Vincent de Paul en 1647, ou Paul de Grivel, qui y accueillit Élisabeth de Bourbon, princesse de Conti, au XVIIIe siècle. Vendu en 1762 à François Brisson, président au Parlement de Paris, le château fut restauré au XIXe siècle par les comtes de Montalivet, ministres sous Napoléon Ier et Louis-Philippe. Ces derniers y intégrèrent des panneaux peints de l’Hôtel Lambert et firent redessiner les jardins par Pierre Fontaine.
Classé Monument Historique en 1999, le château se distingue par son corps central à toiture impériale, ses communs en brique et pierre, et ses escaliers extérieurs (perron semi-circulaire et escalier en fer-à-cheval). Les vestiges du château médiéval, comme une salle voûtée ogivale, subsistent dans les communs. Le parc, inscrit à l’inventaire supplémentaire, mêle héritage des jardins à la française et aménagements paysagers du XIXe siècle.
L’histoire architecturale du château reflète ses transformations successives : reconstruction après 1590, modifications intérieures au XVIIIe siècle (escalier en pierre, décors rocaille), et restaurations majeures aux XIXe et XXe siècles. Les Montalivet, notamment Camille (ministre de Louis-Philippe), y ajoutèrent des éléments néoclassiques et réaménagèrent la basse-cour. Aujourd’hui, le domaine reste propriété de la famille de Villeneuve, perpétuant son héritage historique et artistique.