Origine et histoire du Château de Lamargé
Le château de Lamargé, implanté sur la commune de Fontanges dans le Cantal, trouve ses origines au XIVe siècle avec une tour carrée, élément défensif caractéristique de cette période. Ce premier noyau est intégré, vers la fin du XVIe siècle, dans un corps de logis rectangulaire flanqué de deux tours à chaque extrémité de sa façade sud. Ce remaniement reflète l’évolution des besoins résidentiels et symboliques de la noblesse locale, passant d’une fonction purement militaire à une résidence plus confortable, tout en conservant des éléments de prestige comme les tours d’angle.
Au XVIIIe siècle, le château connaît un nouvel agrandissement avec l’ajout d’une aile à l’arrière et l’aménagement de décors intérieurs raffinés : boiseries peintes, parquets en bois fruitier, plafonds à rosaces et corniches sculptées. Ces éléments, typiques du style classique, témoignent du goût pour l’élégance et le confort des propriétaires de l’époque. Les communs, construits au XIXe siècle, ainsi que les terrasses d’époque classique, complètent l’ensemble, illustrant une occupation continue et des adaptations successives aux modes de vie.
L’histoire du château est étroitement liée à la famille Salvaige de Lamargé, qui en devient propriétaire en 1548 lorsque Jacques Salvaiges, bailli de Salers, acquiert le fief et entreprend la construction autour de la vieille tour. Le domaine reste dans cette lignée jusqu’à la fin du XXe siècle, avant d’être vendu à des propriétaires anglais. Inscrit à l’inventaire des monuments historiques en 1986, le château conserve aujourd’hui une valeur patrimoniale marquée, bien qu’il ne se visite pas. Son architecture hybride, mêlant médiéval, Renaissance et classique, en fait un témoin privilégié de l’évolution des châteaux en Auvergne.
La localisation du château, dans le canton de Salers en Auvergne, souligne son ancrage dans un territoire marqué par l’élevage et une noblesse rurale influente. Le fief de Lamargé, mentionné dès le XVIe siècle, s’inscrit dans un réseau de seigneuries locales où les alliances familiales, comme celle entre Jacques Salvaiges et Françoise Mossier, dame de Palmont, jouent un rôle clé dans la consolidation des pouvoirs et des patrimoines. Ces dynamiques sociales et économiques expliquent en partie les transformations architecturales du château au fil des siècles.