Origine et histoire
Le château de Lamecourt, attesté depuis le XVIe siècle, se distingue par son tracé rectangulaire de douves et ses deux tours carrées d’origine, encadrant l’entrée. Les bâtiments principaux, dont le corps de logis et les ailes, ont subi des transformations successives : ajout de deux tours plus petites, modification des fenêtres en style néo-gothique, et aménagement du parc. À l’extérieur des douves, les écuries, dotées d’une façade classique avec pilastres et fronton triangulaire, pourraient abriter un ancien Temple protestant. Le portail date du XVIIe siècle, tandis que les douves et étangs sont alimentés par le ruisseau Le Rûle, affluent de la Chiers.
Occupé par les Ligueurs en 1588 puis repris par les protestants la même année, le château a accueilli un Temple réformé, potentiellement dans le bâtiment des écuries. Sa propriété s’est transmise entre plusieurs familles nobles : de Jouvence, de Dainville, de Billot, de Vissec de Latude, Martin, Coquebert de Montfort, Lespagnol, d’Orsel, et Touchain de La Lussière. Ces dynasties ont marqué son histoire jusqu’au XIXe siècle, où il passe aux mains de manufacturiers comme les Ternaux et les Montagnac, dont les fabriques s’installaient sur le domaine, de l’autre côté de l’étang.
Au XIXe siècle, Élizé de Montagnac en devient propriétaire, illustrant le basculement du château vers une vocation industrielle. L’édifice, qui combine héritage médiéval (douves, tours) et ajouts modernes (parc, style néo-gothique), est inscrit aux monuments historiques en 1986. Son inscription protège notamment les façades, les douves, le portail, le Temple, ainsi que des éléments intérieurs comme des boiseries du XVIIIe siècle et des cheminées en marbre. Le site reste un témoignage des mutations architecturales et économiques des Ardennes, entre noblesse terrienne et révolution industrielle.
La localisation du château, à Rubécourt-et-Lamécourt (proche de Bazeilles), dans le département des Ardennes, en fait un point d’intérêt du Grand Est. Son parc, ses plans d’eau et ses bâtiments annexes (écuries, temple) reflètent une organisation spatiale typique des domaines seigneuriaux remaniés pour les besoins modernes. Les sources historiques, comme les ouvrages de Philippe Seydoux ou Suzanne Briet, soulignent son rôle dans le patrimoine ardennais, entre héritage religieux (guerres de Ligue, Temple protestant) et adaptation aux activités manufacturières du XIXe siècle.