Origine et histoire du Château de Landonvillers
Le château de Landonvillers, situé à Courcelles-Chaussy (Moselle), trouve ses origines au XVIe siècle, lorsqu’il fut bâti par Thomas le Chat, seigneur local, dans un style Renaissance. Ce manoir seigneurial, transmis à la famille de Ménonville au XVIIIe siècle, fut entièrement reconstruit en 1873 par Charles-Joseph de Bouteiller, député de Metz, qui y ajusta un parc arboré d’essences rares. L’édifice connut une transformation radicale entre 1903 et 1905 sous l’impulsion du Dr Jean von Haniel, un notable allemand, qui confia les plans à Bodo Ebhardt, architecte de l’empereur Guillaume II. Ce dernier y greffa un donjon carré et un beffroi de 50 mètres, mêlant styles roman, gothique tardif, Renaissance, wilhelmien et Jugendstil, reflétant l’influence germanique de l’époque.
Durant la Première Guerre mondiale, le château fut abandonné, puis racheté par l’aviateur François de Marmier, qui tenta d’y établir une exploitation agricole moderne. Après sa mort en 1932, le domaine passa aux Hospices civils de Metz, servant tour à tour d’école de plein air, de quartier général pendant la Seconde Guerre mondiale, et même d’abri pour les moutons. Abandonné pendant des décennies, il fut sauvé en 1993 par Norbert Vogel, psychothérapeute et écrivain, qui y installa une collection unique d’icônes anciennes (XVIe–XIXe siècles), faisant du château le premier musée d’icônes de France. Le domaine, inscrit aux monuments historiques depuis 1997, incarne aujourd’hui un patrimoine architectural et culturel hybride, marqué par les tensions franco-allemandes.
Le château est indissociable de l’histoire de Landonvillers, ancienne commune mosellane rattachée à Courcelles-Chaussy en 1973. Son parcours reflète les bouleversements politiques de la région : passage sous domination allemande (1871–1918), occupations successives, et reconversions variées. La voie ferrée construite en 1868, utilisée notamment pour transporter l’empereur Guillaume II, ainsi que l’école de plein air destinée aux enfants tuberculeux de Metz (active jusqu’en 2015), témoignent de son ancrage social et logistique. L’édifice, aujourd’hui privé, reste un symbole des métamorphoses identitaires de la Lorraine.