Crédit photo : nz_willowherb from Killin, Scotland - Sous licence Creative Commons
Frise chronologique
XIIe siècle
Première attestation épiscopale
Première attestation épiscopale
XIIe siècle (≈ 1250)
Résidence d’été des évêques de Cornouaille.
XVe siècle
Construction du corps de logis
Construction du corps de logis
XVe siècle (≈ 1550)
Œuvre de l’évêque Bertrand de Rosmadec.
1668-1706
Aménagement des jardins en terrasse
Aménagement des jardins en terrasse
1668-1706 (≈ 1687)
Par François de Coëtlogon, inspirés de Versailles.
1791
Confiscation comme bien national
Confiscation comme bien national
1791 (≈ 1791)
Vendu à Pierre Joseph Malin.
1822-1833
Restauration néo-classique
Restauration néo-classique
1822-1833 (≈ 1828)
Façade palladienne par Harrington et Bigot.
1940-1946
Camp de prisonniers (Frontstalag 135)
Camp de prisonniers (Frontstalag 135)
1940-1946 (≈ 1943)
Prisonniers coloniaux puis allemands.
1987
Tempête dévastatrice
Tempête dévastatrice
1987 (≈ 1987)
400 arbres perdus, restauration engagée.
2010
Inauguration de la stèle commémorative
Inauguration de la stèle commémorative
2010 (≈ 2010)
Hommage aux prisonniers de guerre.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures du château ; terrasses ; bassin de Neptune ; grande allée donnant accès au domaine au Nord ; façade Sud de l'orangerie (cad. DK 91, 82 à 89, 128, 94) : inscription par arrêté du 6 mai 1988 ; Parterre devant le château ; allée dite des chevaux, grand canal et terrain le reliant au château, terrasse de l'orangerie avec son bassin, orangerie (à l'exclusion de la façade Nord) et bâtiment des communs (cad. DK 75, 77 à 79, 90 à 94) : inscriptpion par arrêté du 23 décembre 1992
Personnages clés
| Bertrand de Rosmadec - Évêque de Cornouaille (XVe siècle) |
Commanditaire du premier corps de logis. |
| François de Coëtlogon - Évêque (1668-1706) |
Créateur des jardins en terrasse. |
| Nicolas de Bonnecamp - Poète (1630-1704) |
A décrit les jardins en 432 alexandrins. |
| Emmanuel Calixte Harrington - Propriétaire britannique (XIXe siècle) |
Finança la façade néo-classique actuelle. |
| Jean-Baptiste Bigot - Architecte (père de Joseph Bigot) |
Conçut la façade palladienne vers 1824. |
| Georges Blanchet de La Sablière - Propriétaire-voyageur (XXe siècle) |
Collection botanique issue de ses voyages. |
| Armelle Mabon - Historienne contemporaine |
A étudié le camp de prisonniers. |
Origine et histoire
Le château de Lanniron, situé à Quimper dans le Finistère, trouve ses origines au XIIe siècle comme résidence d’été des évêques de Cornouaille. Au XVe siècle, l’évêque Bertrand de Rosmadec y érige un premier corps de logis, marquant le début de son développement architectural. Le site se transforme profondément entre 1668 et 1706 sous Monseigneur François de Coëtlogon, qui y aménage des jardins en terrasse contemporains de ceux de Versailles, décrits en 1695 par le poète Nicolas de Bonnecamp. Ces espaces, rares dans l’Ouest de la France, incluent bassins, canaux et une pièce d’eau appelée Neptune.
Au XVIIIe siècle, l’aile ouest est ajoutée par Monseigneur Auguste de Farcy, et le domaine accueille des figures comme le critique Élie Fréron. Confisqué comme bien national pendant la Révolution (1791), Lanniron change plusieurs fois de mains au XIXe siècle, notamment sous l’impulsion d’Emmanuel Calixte Harrington. Ce dernier, aidé de l’architecte Jean-Baptiste Bigot, lui donne sa façade néo-classique inspirée des villas palladiennes (1822-1833), avec un prostyle à six colonnes ioniques. La famille de Kerret, puis Blanchet de La Sablière, en devient propriétaire jusqu’au XXe siècle, enrichissant le parc d’une collection botanique issue de voyages en Alaska.
Pendant la Seconde Guerre mondiale (1940-1946), le château et ses 8 hectares environnants sont réquisitionnés pour abriter le Frontstalag 135, un camp de prisonniers coloniaux (plus de 7 700 hommes, principalement Africains et Indochinois), puis des soldats allemands (3 853 détenus). Dix prisonniers coloniaux et 39 Allemands y décèdent. Après-guerre, le domaine, dévasté par la tempête de 1987, fait l’objet d’une restauration majeure depuis les années 1990 : reconstitution des bassins, du canal du XVIIe siècle, et des allées. Aujourd’hui, il allie patrimoine historique (jardins classés, orangerie) et activités touristiques (camping, golf, spectacles).
L’architecture de Lanniron mêle héritages médiéval (XVe siècle), classique (terrasses du XVIIe) et néo-classique (façade du XIXe). Ses jardins, étudiés par des fouilles archéologiques (2011), sont en cours de restitution selon leurs plans originels. Le site, ouvert au public, participe à des événements culturels comme les Journées du Patrimoine ou les Semaines musicales dans l’orangerie, accueillant des artistes de renom. Une stèle commémorative (2010) rappelle l’histoire du camp de prisonniers, tandis que le parc abrite désormais des activités de loisirs (fauconnerie, accrobranche).