Château de Lanniron à Quimper dans le Finistère

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château de style néo-classique et palladien

Château de Lanniron

  • Château de Lanniron
  • 29000 Quimper
Château de Lanniron
Château de Lanniron
Château de Lanniron
Château de Lanniron
Château de Lanniron
Crédit photo : nz_willowherb from Killin, Scotland - Sous licence Creative Commons
Propriété privée

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
Fin du XVe siècle
Construction initiale
Années 1760
Extension du manoir
4e quart XVIIe siècle
Aménagements des terrasses
1824-1833
Restauration néo-classique
1987
Tempête dévastatrice
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures du château ; terrasses ; bassin de Neptune ; grande allée donnant accès au domaine au Nord ; façade Sud de l'orangerie (cad. DK 91, 82 à 89, 128, 94) : inscription par arrêté du 6 mai 1988 ; Parterre devant le château ; allée dite des chevaux, grand canal et terrain le reliant au château, terrasse de l'orangerie avec son bassin, orangerie (à l'exclusion de la façade Nord) et bâtiment des communs (cad. DK 75, 77 à 79, 90 à 94) : inscriptpion par arrêté du 23 décembre 1992

Personnages clés

Bertrand de Rosmadec Évêque de Cornouaille ayant érigé le premier corps de logis au XVe siècle.
François de Coetlogon Évêque à l'origine de la construction du château au XVIIe siècle.
Jean-Baptiste Bigot Architecte ayant réalisé la façade néo-classique du château.
Emmanuel Calixte Harrington Propriétaire responsable de la restauration du XIXe siècle.
Anne Alliment-Verdillon Archéologue ayant dirigé des sondages sur le site en 2011.

Origine et histoire du Château de Lanniron

Le château de Lanniron, situé à Quimper sur les rives de l'Odet, a été édifié au XVIIe siècle par Monseigneur François de Coetlogon sur l'emplacement de l'ancienne résidence d'été des évêques de Cornouaille. L'origine du bâti remonte à la fin du XVe siècle et le manoir connut une première extension dans les années 1760 ; entre 1824 et 1833, Emmanuel Calixte Harrington fit entreprendre une importante restauration qui donne aujourd'hui au château son aspect néo-classique de type napoléonien. La façade actuelle, inspirée d'une villa palladienne avec un prostyle à six colonnes ioniques, fut réalisée par l'architecte Jean-Baptiste Bigot. L'architecte du bâtiment primitif reste inconnu mais était vraisemblablement issu du milieu local. Le château occupe la plus haute des trois terrasses aménagées le long de l'Odet à la fin du XVIIe siècle, sur les anciens jardins de Monseigneur de Coëtlogon. De ces jardins subsistent plusieurs bassins, une pièce d'eau dite le Neptune et un ancien canal, et documents et vestiges au sol rendent possible la restitution de leur état primitif. La présence des évêques de Cornouaille à Lanniron est attestée depuis le XIIe siècle et un premier corps de logis fut érigé au XVe siècle par l'évêque Bertrand de Rosmadec. Entre 1668 et 1706, des terrasses furent aménagées ; leur ancienneté, contemporaine de certains aménagements de Versailles, en fait un exemple rare dans l'ouest de la France. Le docteur et poète Nicolas de Bonnecamp en donna une description détaillée en 432 alexandrins. Sous Monseigneur René du Louët, Lanniron fut le cadre d'un soutien attesté à la mystique Marie-Amice Picard, consigné par une lettre datée du 1er août 1667. L'aile ouest fut ajoutée dans les années 1760 par Monseigneur Auguste François Annibal de Farcy, époque où le lieu fut fréquenté par l'écrivain Élie Fréron. Confisqué comme bien national pendant la Révolution, le domaine passa ensuite par plusieurs ventes avant d'être acquis par Harrington, puis transmis à des familles dont les descendants sont propriétaires aujourd'hui. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le site accueillit un camp de prisonniers nommé Frontstalag 135 : installé à Quimper de 1940 à 1946, il occupe des terrains réquisitionnés sur la rive gauche de l'Odet et utilisa le château pour loger les officiers. Le camp, dirigé par l'Hauptmann Queish du bataillon Landesschutzen 388, internait jusqu'en août 1944 principalement des soldats issus des colonies françaises ; certains bâtiments servaient de mosquée et d'autres de bibliothèque. Selon un rapport de la Croix-Rouge, en mai 1941 le camp et son annexe comptaient 7 746 détenus, chiffre auquel l'historienne Armelle Mabon ajoute plusieurs centaines de prisonniers coloniaux supplémentaires ; dix soldats coloniaux y sont morts. De la fin août 1944 à juin 1946, le camp reçut des prisonniers de guerre allemands ; en septembre 1945 le CICR y recensa 3 853 détenus et l'on dénombra 39 décès, avant la levée de la réquisition, la restitution des terrains et la démolition des installations. Une stèle inaugurée le 18 mai 2010, allée de Laniron, commémore les internés. La tempête de 1987 endommagea gravement le parc et fit perdre plus de 400 arbres, ce qui déclencha à partir des années 1990 un vaste programme de restauration visant notamment à reconstituer les jardins du XVIIe siècle. Les travaux ont consisté à replanter les allées, réaménager l'orangerie, recreuser et réalimenter le canal du XVIIe siècle, restaurer 1,5 km de murs, reconstruire le bassin du Neptune sur ses fondations et restituer trois des cinq bassins des terrasses en 2005 ; deux bassins et le tracé des parterres restent à réaliser. Des sondages archéologiques dirigés par Anne Alliment-Verdillon ont été réalisés en juillet 2011 dans le cadre de ces opérations. Pour soutenir la restauration et la conservation du site, le domaine s'est ouvert au tourisme : il accueille aujourd'hui un camping Sunélia cinq étoiles, des gîtes, un golf neuf trous, un restaurant, des salles de réception, des locations de bureaux et un parc accessible aux visiteurs. Depuis 2020, le domaine propose également des spectacles de fauconnerie et un parcours d'accrobranche ; le golf de Lanniron, neuf trous et long de 1 388 mètres, dispose d'un espace d'entraînement et d'une école de golf animée par le professionnel Bertrand Coathalem. L'Orangerie reçoit régulièrement des concerts dans le cadre des Semaines musicales et le parc participe chaque année à des événements tels que des vernissages, la campagne Neurodon, les Rendez‑vous aux jardins et les Journées européennes du patrimoine. Classé au titre des monuments historiques depuis 1988 et 1992, le château présente une architecture néo-classique d'inspiration palladienne, reconnaissable à ses frontons et à ses colonnades. Les familles qui se sont succédé à Lanniron ont laissé des armoiries variées, comportant entre autres croix, lions, fasces et autres pièces héraldiques témoignant de la diversité des lignées propriétaires.

Liens externes